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Francesco Albani dit l’Albane (1578-1660)

Trois chefs-d’œuvre de l’Albane à nouveau réunis.

Aides et Mécènes

 

Fonds du Patrimoine du ministère de la Culture et de la Communication.

 

Crédit Agricole Brie-Picardie.
Oxymétal.
Redex.
Aurignac Finance.

Acquisition 2009

Après avoir été dispersées pendant trois siècles, ces exceptionnelles peintures de Francesco Albani, dit l’Albane, (Bologne 1578-1660) se trouvent à nouveau réunies. L’acquisition en 2009 de l’œuvre manquante du cycle allégorique des éléments, Neptune et Amphitrite ou l’Allégorie du Monde marin, a été rendue possible grâce au Fonds du Patrimoine du ministère de la Culture et de la Communication et par la générosité de Crédit Agricole Brie-Picardie, du groupe Oxymétal, de Redex et d’Aurignac Finance.

Au château de Fontainebleau, ce tableau vient rejoindre Cybèle et les Saisons ou l’Allégorie de la Terre et Apollon et Mercure ou l’Allégorie de l’Air, tous deux déposés par le musée du Louvre sous la Troisième République. Cette suite de trois huiles sur cuivre de grandes dimensions (103 x 88 cm) fut peinte vers 1635. Elle est présentée dans l’ancien appartement des Reines-Mères (actuel appartement du Pape), là même où pour la première fois fut exposée en France une œuvre de l’artiste bolonais. En effet, la Vierge avec une gloire d’anges (musée du Louvre) fut offerte en 1625 par le cardinal Francesco Barberini à Marie de Médicis alors à Fontainebleau. De l’Albane, le château de Fontainebleau conserve également deux versions, l’une sur cuivre et l’autre sur toile, du Repos pendant la fuite en Egypte.

Francesco Albani, dit l’albane (1578-1660)

Francesco Albani, artiste natif de Bologne où il fit l’essentiel de sa carrière, se forma auprès du peintre d’origine flamande Denys Calvaert. Dans l’atelier de Calvaert, il apprit à peindre de petits tableaux de cabinet sur cuivre mais fut également en contact avec Guido Reni et Dominico Zampieri, dit le Dominiquin. Toutefois, dès la fin du XVIe siècle, il rejoignit l’académie des frères Carrache auprès desquels il compléta sa formation.
Dès cette époque, l’Albane se distinguait par la grâce de ses figures et une certaine atmosphère inspirée des peintures du Corrège qu’il avait pu voir à Parme. Son long séjour romain, entre 1601 et 1617, le familiarisa avec l’art de Raphaël et lui donna l’occasion de s’illustrer dans le cadre de plusieurs commandes prestigieuses, tant religieuses que profanes. C’est véritablement pendant sa période romaine qu’il élabora ce classicisme idyllique qui caractérise sa manière et qui s’exprime parfaitement dans ses paysages baignés d’une lumière égale et peuplés de figures gracieuses, souples, aux carnations délicatement modulées. La manière suave et la technique accomplie de l’Albane allaient opérer une séduction très forte sur les amateurs français.

De précieuses peintures de cabinet…

Peinte pour Jacques Le Veneur, comte de Carrouges, pour la galerie de son château normand éponyme qu’il fit réaménager et décorer à partir de 1637, la série des quatre éléments ou plus exactement d’allégories des mondes céleste, terrestre, marin et infernal ne fut qu’en partie exécutée. En effet, l’Albane a dû renoncer à peindre le tableau représentant les Enfers. En 1653, l’inventaire après décès de Jacques Le Veneur stipule que les peintures sont toujours dans la galerie de Carrouges (Orne).En 1687, l’Allégorie de la Terre et l’Allégorie de l’Air sont acquises par André Le Nôtre qui, en 1693, en fait don à Louis XIV, avec une partie de son importante collection. Ce souverain appréciait particulièrement la peinture de l’Albane puisque l’on sait qu’il en possédait trente-et-une. La collection royale française était de ce fait la plus importante d’Europe. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le maître de Bologne influença de nombreux peintres (Noël et Antoine Coypel, Charles de La Fosse, François Verdier, Louis et Bon Boullogne, Jean Cotelle, Pierre Mignard, jusqu’à Louis-Jean-François Lagrenée) tandis que les graveurs diffusèrent sa manière et ses modèles, inspirant la création de nombreux éléments de décors. Figurant en bonne place dans les collections royales, les deux allégories peintes pour Carrouges ne furent transportées au Louvre qu’au moment de la Révolution. Sous l’Empire, elles ornèrent le palais de Saint-Cloud avant d’être envoyées à Fontainebleau en 1875.

… Ayant appartenu à de grands amateurs

L’Allégorie du Monde marin connut une autre destinée puisqu’elle changea de mains un certain nombre de fois et, bien que l’on en perde parfois la trace, fi t elle aussi partie de la collection de très grands amateurs. En 1751, elle est mentionnée dans la vente de Jacques-Antoine Crozat, marquis de Thugny. Elle passe dans la collection d’un autre célèbre amateur du siècle des Lumières, Pierre-Louis-Paul Randon de Boisset avant d’être acquise à la mort de celui-ci en 1777 par le marchand Jean-Baptiste-Pierre Lebrun. Au cours du XIXe siècle, le tableau a appartenu à Lucien Bonaparte, au roi Guillaume II des Pays-Bas et à la famille Hope. Pendant la plus grande partie du XXe siècle, l’Allégorie du Monde marin fut conservée en Angleterre, dans la collection Kahn-Moores.