Bianca Capello

Bianca Capello - château de Fontainebleau

Adèle Castiglione Colonna, dite MARCELLO (Fribourg, 1836 – Castellammare di Stabia, 1879)
1863
Marbre
H. 87 cm ; L. 60 cm ; Pr. 34 cm
RF 1873 – dépôt du Musée d’Orsay
Château de Fontainebleau, Vestibule Serlio

 

Le Salon de 1863

Adèle Nathalie Marie Hedwige Philippine d’Affry, fille du comte d’Affry, reçoit une éducation classique, axée sur la connaissance des arts. Elle prend des cours de peinture et s’exerce au modelage pour la première fois dans l’atelier du sculpteur suisse Heinrich Max Imhof, à Rome, dans les années 1853 – 1854. En 1856 elle épouse Carlo Colonna, qui est anoblit un mois après leur mariage et devient duc de Castiglione-Altibrandi. Il décède rapidement de la fièvre thyphoïde. Jeune veuve, la sculptrice décide de s’installer à Paris pour développer son art. L’Ecole des Beaux-Arts rejette sa candidature, mais Adèle devient la protégée d’Auguste Clésinger et une proche amie de Jean-Baptiste Carpeaux.
Pour sa première présentation au Salon de 1863, elle expose trois bustes dont Bianca Capello. Elle prend alors le pseudonyme de « Marcello », pseudonyme masculin, inspiré du compositeur italien du XVIIIe siècle Benedetto Marcello, pseudonyme plus commode pour être acceptée dans un monde encore fermé aux femmes et pour protéger le nom de Colonna. Toutefois, sa véritable identité est très vite révélée par la presse.

La reconnaissance est immédiate grâce à cette Bianca Cappello, que l’Impératrice Eugénie achète tout de suite. Le buste arrive dès 1863 au château de Fontainebleau. La sculpture est envoyée à Marseille après le Second Empire, où elle est toujours présentée au Musée des Beaux-Arts. Un autre buste de Bianca Capello, acheté pour le palais du Luxembourg en 1865, est alors envoyé à Fontainebleau en 1894 pour remplacer celui, parti, dans la cité phocéenne, qui faisait paire avec un buste de la Gorgone, aussi de Marcello arrivé en 1865. Ainsi, cette paire de bustes a orné au château de Fontainebleau, l’aile Louis XV, puis le rez-de-chaussée de l’escalier du Roi. Elle est, depuis plusieurs années, dans le vestibule Serlio.
Marcello aura plusieurs commandes publiques dont une Pythie (1870) que l’on peut encore admirer aujourd’hui à l’opéra Garnier. Fatiguée par la maladie, elle se tourne progressivement vers la peinture et meurt de la tuberculose en 1879.

 

Un portrait rare.

Bianca Capello, née à Venise vers 1542 et morte à Florence en 1587, fut une personnalité controversée de l’histoire du duché de Toscane. Elle est la maîtresse du grand-duc François Ier de Toscane, tyrannique et impopulaire, qui l’épouse en secondes noces. Follement amoureux, le grand-duc lui fait même construire un palais. Leur idylle n’a cependant pas duré ; François meurt mystérieusement après 10 jours de souffrances et Bianca qui a les mêmes symptômes, ne lui survit pas. Le couple aurait été empoisonné ; le soupçon se porte sur Bianca elle-même puis plutôt sur Ferdinand, frère de François qui souhaite accéder au pouvoir.


Pour son buste à l’iconographie rare, Marcello s’est  inspirée de Michel-Ange pour la coiffure et pour la robe du modèle, le sculpteur de la Renaissance ayant été un contemporain de l’intrigante vénitienne. Par ailleurs, l’artiste aurait emprunté les traits d’une aristocrate italienne rencontrée lors d’un mariage pour faire sa Bianca. D’une beauté glaciale, les bustes de Bianca Capello, tout comme de La Gorgone, présentent des figures féminines ambiguës. Au XIXe siècle, le mythe de la femme fatale, de l’éternelle Pandore, de l’Ève maudite connaît un regain d’intérêt chez les artistes. Chez Marcello tout particulièrement, les femmes sont ici, à la fois, belles et cruelles, attirantes et menaçantes, servies par un marbre éclatant et une très belle qualité de sculpture. Le charme froid mais irrésistible de ses bustes est même salué par les louanges de Théophile Gautier qui en Bianca vit « une de ces femmes fatales à qui rien ne résiste ».

 

Bibliographie
Gianna A. Mina (dir.), Marcello, Adèle d’Affry (1836-1879), duchesse de Castiglione Colonna (catalogue d’exposition (Fribourg, MAHF, 7 novembre 2014 – 22 février 2015 ; Ligornetto, Museo Vela, 26 avril – 30 août 2015 ; Musées nationaux du Palais de Compiègne, 16 octobre 2015 – 1er février 2016 ; Pregny-Genève, Musée des Suisses dans le monde, février – juin 2016)), Milan, édition 5 Continents, 2014

Ticket blanc

Billets et tarifs

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Horaires d'ouvertures

Le château

Le château est ouvert tous les jours, sauf le mardi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.

D’octobre à mars: 9h30 à 17h00 (dernier accès à 16h15).

D’avril à septembre: 9h30 à 18h00 (dernier accès à 17h15).

Entrée libre et gratuite au château du 1er au 6 juillet inclus.

Le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans.

Le circuit de visite a été adapté. Sont accessibles : la galerie des Fastes, l'appartement du Pape, la galerie François 1er et les salles Saint Louis. La sortie se fait par la cour Ovale, exceptionnellement ouverte pour l'occasion.

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