Le salon Louis XIII est l’une des salles les plus prestigieuses du château de Fontainebleau. Créé au XVIe siècle, nommé « Salon Ovale » puis « Grand cabinet du roi », il est adjacent à la chambre du roi. A ce titre, il occupe pendant plusieurs siècles une place prépondérante dans la distribution des appartements royaux. Ici, le souverain tient les conseils de gouvernement et reçoit les ambassadeurs, les ministres et les plus grands personnages du royaume, comme le fait Louis XIV durant ses « voyages d’automne ».
Terminé vers 1610, ce fabuleux décor commémore la naissance en ces murs du futur roi Louis XIII, fils d’Henri IV, un évènement considérable pour l’époque. Il constitue aujourd’hui un rare et authentique témoignage de décor profane du début du XVIIe siècle.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la préparation de l’exposition qu’il consacrera en 2028 à la Seconde Ecole de Fontainebleau. Pour restaurer ces lambris, le château fait appel au mécénat et à la générosité des particuliers et des entreprises. Vous aussi entrez dans l’histoire d’un château de neuf siècles, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco !
Le théâtre d'un évènement historique de premier plan
Au cœur du palais, c’est ici que, le 27 septembre 1601, la reine Marie de Médicis accouche devant toute la cour, et met au monde le futur Louis XIII.
Cette pièce aux dimensions importante n’est pas choisie au hasard : les membres les plus éminents de la Cour doivent pouvoir assister à la naissance et témoigner que l’enfant n’a pas été substitué. Un grand lit de velours cramoisi est ainsi installé au centre du salon, entouré de sièges et de pliants pour le roi Henri IV et les princes. Le récit de cette nuit, très éprouvante pour la reine, est bien connu grâce au rare témoignage qu’a laissé la sage-femme, Louise Bourgeois.
L’évènement a un retentissement considérable : par cette naissance tant attendue, la nouvelle dynastie des Bourbons s’affermit définitivement sur le trône de France. Cinq ans plus tard, c’est sous les fenêtres de ce même salon que le Dauphin est baptisé solennellement. En souvenir de sa naissance bellifontaine, le jeune Louis XIII aimera dire qu’il vient « du Gâtinais ».
Henri IV, qui réside chaque automne à Fontainebleau pendant une longue durée et en augmente considérablement la surface, fait réaliser dans cette pièce à la fin de son règne un fastueux décor, célébrant à la fois sa figure de monarque, celle de la reine et celle du Dauphin destiné à lui succéder.
1528
François Ier lance la construction de l’aile des appartements royaux le long de la Cour Ovale.
1601
27 septembre 1601 : Naissance du futur Louis XIII dans cette salle.
1757
L’architecte Gabriel fait percer deux portes donnant sur la chambre du roi.
1837
Fin des travaux de restauration de Louis-Philippe ; la pièce prend son nom actuel.
1860
Nouveaux travaux de restauration sous Napoléon III, qui y installe le salon de compagnie de la famille impériale.
Des lambris fastueux et rares
Conservé dans son état d’origine, le salon constitue aujourd’hui l’un des rares décor profane du règne d’Henri IV en France. Avant même le plafond peint et les riches encadrements de stuc mettant en valeur le cycle de Théagène et Chariclée peint par Ambroise Dubois, le premier ornement qui s’offre à l’œil du spectateur est le splendide lambris « de mi-hauteur » qui, comme dans tous les intérieurs de la Renaissance, permet de conserver la chaleur dans la pièce et de montrer la richesse du maître des lieux. Ces boiseries rechampies en gris-bleu enchâssent de petits paysages, vues de villes ou de campagnes idéales, et de délicats vases de fleurs, qui sont comme autant de fenêtres ouvertes sur l’extérieur, mais aussi des scènes en camaïeu et des panneaux de faux marbre.
Sur de petits panneaux dorés sont également peints des fleurs au naturel, toutes différentes, à la façon d’un herbier. Chaque plante a été analysée, recensant 98 espèces très variées : laurier rose, violette, fraisier, adonis d’automne, giroflées, prunier ou jacinthe d’Orient y voisinent avec différents raisins, le liseron, la jonquille, le chêne rouvre, la guimauve, le pavot, le citronnier ou encore le cassis, affermissant le caractère champêtre d’un château ouvert sur de vastes jardins. Les raisons du choix savant de ces plantes ne sont pas connues précisément.
A leurs côtés, une multitude de chiffres royaux évoquant les souverains parsème les lambris comme les poutres, en particulier des H, des M et des L, initiales d’Henri IV, de Marie de Médicis et de Louis XIII. On distingue même des doubles lambdas (L grecs), un emblème que Louis XIII utilisera toute sa vie et qui lui est attribué ici alors qu’il n’est encore qu’un enfant, mais aussi des fermesses, c’est-à-dire des S fermés (ou barrés) qu’on apposait au bas des lettres pour les signer : ce symbole de constance et de fermeté est l’un des emblèmes d’Henri IV.
Le Salon Louis XIII a subi peu de modifications depuis Henri IV. Sous Louis XV, Gabriel, premier architecte du roi, fait ajouter quatre grandes portes pour faciliter les circulations avec les pièces voisines, mais celles-ci s’harmonisent avec le style Renaissance des Grands Appartements du château. En, 1837, quand Louis-Philippe fait restaurer la salle, les portes reçoivent leur décor peint actuel, en cohérence avec le lambris. La salle fait l’objet de nouveaux travaux en 1860. Ainsi préservés, les lambris, les stucs et les peintures qui les surmontent nous offrent un témoignage rare et raffiné de décor d’une résidence royale de l’époque d’Henri IV et de Louis XIII.
67
scènes peintes : paysages, grands vases de fleurs et camaïeux
98
espèces de végétaux peintes sur de petits panneaux à fonds d’or
120 m²
de lambris de bois peint
8
pans de murs
2,14 m
de hauteur
Vieux de plus de 400 ans, ce lambris, exceptionnel par ses dimensions et surtout par son authenticité, présente aujourd’hui des altérations qui évoluent de plus en plus mal dans le temps. Si rien n’est fait pour le restaurer, sa perte pourrait être irrémédiable.
Préserver un décor authentique mais en danger
Le temps passant met ce décor en péril et risque de lui faire perdre de manière irrémédiable son authenticité et son intégrité. La surface des lambris est encrassée, et marquée par endroit par des projections brunes de résine ou de cire. Des repeints désaccordés masquent l’aspect original de certains motifs. Une patine jaunâtre a même été appliquée par endroits pour masquer certaines parties usées du décor originel, qui subsiste encore dessous. Les mouvements du bois, dus aux variations d’humidité, entraînent des soulèvements (écailles) de peinture et de dorure qui évoluent dans le temps, si bien qu’on observe aujourd’hui de très nombreuses lacunes dans le décor peint et doré.
Une restauration s’impose.
Calendrier des travaux :
- 2024 : étude préalable, tests de restauration et consolidation d’urgence des décors du lambris
- 2027-2028 : restauration des lambris (18 mois)
- Eté 2028 : Remeublement du salon Louis XIII
- Octobre 2028 : inauguration de l’exposition consacrée à la Seconde école de Fontainebleau
Participez à la restauration de ce chef d'oeuvre
Le château de Fontainebleau lance un appel aux dons afin de rassembler les 235 000 € nécessaires à la restauration des lambris. Vous aussi, faites un geste historique pour préserver et transmettre ce patrimoine exceptionnel !
Vous êtes un particulier
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Réduction d’impôt sur la fortune immobilière : 75€
Les dons effectués via la souscription publique lancée par les Amis du Château de Fontainebleau et abritée par la Fondation du patrimoine sont éligibles aux réductions fiscales portant sur l’Impôt sur la fortune immobilière.
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