Le palais de Napoléon Ier

En 1804, le château de Fontainebleau a été vidé par la Révolution mais a échappé au pire : la destruction. Napoléon décide de mettre un terme à cet abandon en faisant de Fontainebleau une résidence impériale. Son action concerna surtout l’aménagement intérieur et les jardins. Le château est une première fois meublé afin de recevoir le pape Pie VII qui doit participer à la cérémonie de sacre de Napoléon. A la fin de son règne, en 1814, il a retrouvé tout son lustre : Grands Appartements, Appartement intérieur et Petits Appartements sont richement et somptueusement meublés. A l’extérieur, le jardin de Diane et le jardin des Pins (aujourd’hui jardin anglais) sont remodelés et sacrifient au tracé irrégulier alors en vogue.

Si Napoléon résida seulement 170 jours à Fontainebleau, le château reste cependant très lié à sa figure : il fut notamment le théâtre de la première abdication et des Adieux à la garde. Déchu et exilé, il s’en rappela comme de la « vraie demeure des rois, la maison des siècles ».

 

Chronologie

Voici, en quelques grands repères, les moments forts de l’histoire napoléonienne à travers le château de Fontainebleau.

Le château de Fontainebleau avait vu se dérouler les dernières campagnes de travaux de l’Ancien Régime en 1786-1787. Puis arriva la tourmente révolutionnaire qui, dans les premiers temps, ne l’avait pas frappé trop durement. Mais en 1794 la Convention décida de mettre aux enchères une partie des meubles et d’en utiliser une autre partie dans les bureaux officiels. Des dégradations se produisirent mais la destruction totale des bâtiments fut évitée.
Paradoxalement, pendant toute cette période, le château avait néanmoins été affecté à des utilisations variées : entrepôt, hôpital, caserne, prison, logement de vétérans, mise en place de l’Ecole Centrale de Seine-et-Marne en 1796 ou installation de l’Ecole Spéciale Militaire en 1803 par le Premier Consul (transférée à Saint-Cyr en 1808). En fait, ce furent des installations plus ou moins provisoires et inadaptées, qui avaient plus contribué à sa dégradation qu’à son entretien et à sa mise en valeur.
Mais en 1804 Napoléon décide de renouer avec un certain nombre de traditions d’Ancien Régime et remet en valeur les anciennes demeures royales, qu’il entend réutiliser. Parmi celles-ci, le château de Fontainebleau deviendra l’une de ses résidences favorites.

À l’extérieur, l’aménagement le plus notable fut la transformation de la cour du Cheval blanc en grande cour d’entrée.

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Ayant fait abattre les bâtiments de l’aile ouest, Napoléon fit placer l’actuelle grille d’honneur , exécutée par le serrurier Mignon sur les dessins de l’architecte Heurtault : la porte centrale est encadrée de deux pilastres de bronze ornés d’emblèmes impériaux (« N », couronnes impériales, palmes, foudres…) et de deux piliers de pierre surmontés d’aigles majestueuses.


Les jardins, quant à eux, furent largement remodelés. Le jardin de Diane dessiné par Le Nôtre fut remplacé par un jardin au tracé irrégulier.

De même l’ancien jardin des Pins fut complètement restructuré pour devenir un jardin à l’anglaise.

À l’intérieur du château, Napoléon respecta le décor préexistant tout en y faisant placer, autant que cela était possible, les emblèmes impériaux. Il reprit pour lui-même et pour Joséphine les anciens appartements royaux qu’il conserva comme appartements d’apparat et dont il maintint même l’ancienne disposition. Les aménagements de cette période les plus fidèlement conservés ou restitués concernent les pièces qui donnent sur le jardin de Diane : chambre de l’Impératrice, salle du Trône, salle du Conseil et Appartement intérieur.

Napoléon Ier avait redonné vie au château en le meublant et en y séjournant avec sa cour : c’était alors une succession de fêtes, réceptions, spectacles et divertissements. Même la chasse y retrouva tout le lustre qu’elle avait connu autrefois. Mais le château fut également témoin d’événements marquants.
En novembre 1804 lorsque le pape Pie VII vint sacrer Napoléon empereur à Notre-Dame de Paris, il fut accueilli et logé dans l’ancienne aile des Reines-Mères. Puis, de 1812 à 1814, ces mêmes pièces revirent le souverain pontife, captif de l’empereur, durant la longue lutte qui opposa leurs deux volontés. Désormais, cet appartement porta le nom d’“appartement du Pape”, en raison de la dignité de l’occupant et de la longueur de sa captivité (19 mois).
En 1814, à l’issue de la campagne de France, Napoléon rédigea son acte d’abdication le 6 avril. Et quelques jours plus tard, il tenta de s’empoisonner dans sa chambre de l’Appartement intérieur. Enfin, les fameux « adieux à la vieille garde », immortalisés par un tableau d’Horace Vernet et par l’imagerie populaire, eurent lieu au pied de l’escalier en Fer-à-cheval, dans la journée du 20 avril. C’est pourquoi on trouve souvent le nom de cour des Adieux à la place de celle de cour du Cheval blanc.

  • 1) Les appartements de représentation

Le grand salon de l’Impératrice fut auparavant le salon des jeux de la reine Marie-Antoinette (lotos, brelan, tric-trac). Elle avait fait refaire entièrement le décor dans un style néoclassique. L’architecte Pierre Rousseau l’acheva en 1786. Sous l’Empire il fut tout d’abord le Grand salon de Joséphine et son mobilier correspondait aux nouvelles règles de l’étiquette : les fauteuils pour le couple impérial, les chaises pour les sœurs de Napoléon et les pliants pour les autres dames, les hommes eux restaient debout.


La chambre de l’Impératrice  fut la chambre de toutes les souveraines depuis la fin du XVIe siècle. Son décor mêle les apports d’Anne d’Autriche, de Marie Leczinska ou de Marie-Antoinette. C’est Joséphine qui utilise pour la première fois le lit prévu à l’origine pour Marie-Antoinette – les troubles politiques des dernières années d’Ancien Régime ne lui ayant pas permis de découvrir sa commande. La chambre était tendue d’une somptueuse soierie lyonnaise exécutée à la fin de l’Ancien Régime (retissée à l’identique et replacée en 1986), mais les embrasses des rideaux sont au chiffre de Joséphine. Une balustrade est adjointe en 1805, dans la droite ligne des anciennes coutumes, afin de préserver l’espace privé de la souveraine. Le mobilier est d’époque néoclassique : commode Louis XVI, fauteuils à sphinx Consulat, pliants, consoles et paumier Empire.

La salle du Trône  a pris place dans l’ancienne chambre du Roi avant la Révolution. Elle était utilisée pour les cérémonies de présentation de serment. Le décor rappelle la première vocation de la salle avec l’emblème et la devise de Louis XIII, ou le chiffre de Louis XV. C’est à l’endroit où était autrefois le lit que le trône de Napoléon Ier fut installé. La draperie rouge et les emblèmes rappellent la Rome antique, et le bleu l’ancien manteau des rois de France. Les abeilles apparaissent comme un symbole nouveau. Enfin, en lieu et place du portrait de Louis XIII, Napoléon avait fait placer son propre portrait.


Dans la salle du Conseil  se tenait le conseil des ministres lorsque la cour était à Fontainebleau. C’est sous Louis XV que cette pièce avait reçu cette fonction et ce décor. Son plafond est à caissons, dans lesquels ont été placés cinq tableaux de François Boucher. Sur les boiseries, peintes en camaïeu bleu ou rose par Carle Van Loo et J.-B. Pierre sont des allégories des saisons, des éléments ou des vertus : La Renommée, La Paix, La Guerre, L’Histoire, La Clémence… par exemple. Le mobilier a été installé sous l’Empire.

  • 2) L’Appartement intérieur

Cet appartement fait partie du circuit de visite des Grands Appartements et fait suite à la salle du Conseil.
L’Appartement intérieur est celui qu’habitait l’empereur lors de ses séjours entre deux campagnes. Situé au premier étage de l’aile doublant la galerie François Ier sur le jardin de Diane, l’appartement est constitué de six pièces. Construit à l’origine pour Louis XVI entre 1785 et 1786, décoré simplement, il fut entièrement réaménagé pour Napoléon à partir de 1804. Son état a été peu modifié depuis l’Empire et la distribution des pièces correspond encore à l’étiquette établie par Napoléon pour l’agencement des palais impériaux.
La restauration de l’Appartement intérieur, engagée de 1978 à 1995, n’aurait pu se faire sans un effort continu de l’État et sans la pérennité du savoir-faire des métiers d’art. Elle est pour les visiteurs l’occasion de comprendre comment un des lieux les plus marqués par notre histoire continue d’être aussi un des plus beaux témoignages de notre patrimoine artistique.

La chambre de l’Empereur , qui fut après lui la chambre à coucher de tous les souverains jusqu’en 1870, est la pièce la plus spectaculaire de tout l’appartement par la présence du grand lit de parade mis en place en 1809. La pièce était l’ancien “cabinet à la poudre” de Louis XVI (servant à la toilette du roi). Napoléon en fit son cabinet de travail puis sa grande chambre à coucher. Des aménagements faits pour Louis XVI subsistent l’ordonnance générale des boiseries, la cheminée, les encadrements de porte sculptés et les dessus de porte en camaïeu. Suivant les désirs de Napoléon, le décor mural fut enrichi en 1811 de peintures rehaussées d’or : abeilles impériales, victoires, fleurs de pavots, etc… Le lit et les sièges sont recouverts d’un velours chiné. Le fond couleur prune, a été brodé de fil jaune à la demande de Napoléon qui le jugeait trop sombre.

La petite chambre à coucher, qui vient après la grande chambre était en réalité son cabinet de travail . Pour que l’empereur put facilement se reposer, un lit mécanique en fer fut, à sa demande, installé en 1811. Ce lit et les sièges sont recouverts de taffetas vert. Le grand bureau mécanique de Jacob Desmalter est d’un type conçu spécialement à la demande de l’Empereur : le plateau supérieur à coulisse peut se refermer en un instant. La peinture du plafond date de 1818. C’est une allégorie du retour des Bourbons en France ; elle représente la clémence royale arrêtant le cours de la justice.


Avec le salon particulier de l’Empereur, dit “salon de l’Abdication” , la somptuosité du décor et de l’ameublement et l’or répandu à profusion manifestent la volonté de donner aux pièces réservées à l’usage personnel du souverain un éclat exceptionnel. Le brocart de soie et d’or à fond cramoisi, à motifs de lyres et de rosaces garnit les murs et les sièges. L’ameublement complet du salon particulier, mis en place en 1808, est parvenu jusqu’à nous, dont le célèbre guéridon sur lequel Napoléon aurait signé son acte d’abdication le 6 avril 1814, avant de faire ses adieux à la garde dans la cour d’entrée du château. La cheminée en marbre griotte d’Italie, posée en 1805, est encore ornée de la pendule en porcelaine de Sèvres en forme de colonne dont les heures sont représentées par autant de figures de victoires ailées. Un extraordinaire lustre en bronze doré et cristal de roche brille de tous ses feux.

Le passage des bains est une pièce entresolée, faisant suite au salon, qui doit son nom à la salle de bains installée pour Napoléon en 1806 et visible à travers une porte vitrée. La baignoire en cuivre étamé, garnie de mousseline, le bain de pieds en tôle vernie et les sièges en acajou sont ceux que connut l’Empereur. Le passage des bains servait aussi de petite salle à manger comme l’indique la table à abattants, livrée en 1808. Les deux fauteuils en acajou destinés à l’Empereur et à l’Impératrice ont pu être rachetés en vente publique en 1991 et retrouver leur emplacement d’origine.

Le salon des Aides de camp qui suit, rappelle le service, de jour comme de nuit, des Aides de camp de l’Empereur, chargés de la garde de sa personne comme de nombreuses missions spéciales. La sévérité du décor des murs est tempérée par la variété des couleurs apportée par les sièges couverts en tapisserie de Beauvais, à décor d’animaux et de paysages, par les meubles d’acajou et le tapis moquette, retissé à l’identique en 1995.

L’antichambre commande l’enfilade des salles ; elle est desservie par l’escalier de la chapelle et la galerie François Ier. Son  ameublement très simple – des banquettes et des tabourets en bois peint, une lanterne en bronze doré – est celui remis en place en 1808.

Les Petits Appartements sont situés au rez-de-chaussée, en partie sous la galerie François Ier et l’Appartement intérieur de Napoléon, en partie sous les appartements royaux donnant sur le jardin de Diane.
La partie qui s’étend sous la galerie François Ier avait constitué au XVIe siècle le célèbre appartement des bains de François Ier. Louis XV décida, à la fin de 1735, de faire aménager dans cette partie du rez-de-chaussée des cabinets intérieurs dans lesquels il pouvait vivre de façon plus intime en compagnie d’un cercle de familiers. À ses côtés il fit loger ses favorites (Madame de Pompadour puis Madame du Barry) et à l’opposé de celles-ci (sous les appartements royaux) Mesdames, ses filles. Louis XVI reprit les cabinets de son grand-père pour lui-même, réservant à ses enfants l’appartement de ses tantes. La construction en 1786 de l’aile neuve doublant les bâtiments de la galerie François Ier permit l’aménagement au rez-de-chaussée d’un véritable petit appartement pour le roi près de la chapelle.
Après la tourmente révolutionnaire, la nouvelle cour fit un premier séjour en 1804 lors de la venue du pape pour le sacre. En 1808 l’appartement des enfants de France devient le Petit Appartement de l’Impératrice et les cabinets de Louis XVI les bureaux de l’Empereur. Le Petit Appartement de l’Empereur fut ensuite aménagé dans la partie près de la chapelle en 1810. Malgré quelques transformations dans le décor mural, ces appartements se présentent dans l’ensemble aujourd’hui comme du temps de l’Empereur et de l’Impératrice.

  • 1) Les Petits Appartements de l’Empereur.

L’antichambre de l’Empereur est meublée simplement.
Avant d’être admis chez l’Empereur, les invités attendent dans le premier salon, au mobilier de bois peint, qui constitue ainsi une seconde antichambre.


Dans le deuxième salon de l’Empereur, les tableaux ont été encastrés sous le Second Empire mais le mobilier est, presque au complet, celui de 1810. Sur la cheminée et les consoles se trouvent des éléments du surtout de table offert par Charles IV d’Espagne à Napoléon en 1808. Napoléon passait de sa chambre (contiguë) au salon pour donner les ordres aux chefs de sa maison ou recevoir des ministres.


La chambre du secrétaire particulier de l’Empereur est très simplement meublée elle servait au baron de Méneval qui se tenait toujours à la disposition de l’Empereur grâce à une clochette reliée directement à sa chambre.


La garde-robe de l’Empereur servait à conserver les vêtements. Le siège de toilette fut installé sous le règne de Louis-Philippe, époque où le château commence à s’équiper de sanitaires avec tuyauterie et fosses.

La pièce du gardien du Portefeuille de l’Empereur était occupée en permanence par l’un des deux gardiens du Portefeuille de l’Empereur, sorte d’huissier qui se tenait jour et nuit à la disposition du secrétaire, passant les papiers qui arrivaient et évitant que quelqu’un ne pénètre chez l’Empereur.
La pièce de passage était le cabinet des dépêches. Les boiseries d’époque Louis XV ont été remontées, semble-t-il, en 1786 et décapées en 1863.


La chambre à coucher comprend un lit et des sièges provenant des Tuileries. Ils avaient d’abord figuré dans la chambre à coucher de l’Empereur au premier étage avant d’être installés ici en 1810. Ils sont un bon exemple de l’influence de l’art égyptien sur le mobilier du début du XIXe siècle.

La bibliothèque particulière était réservée au seul usage de Napoléon. Elle fut aménagée dans l’ancien salon des jeux de Louis XVI dont on conserva la majeure partie du décor. À l’exception du bureau et du tabouret, l’ameublement fut fourni par l’ébéniste Jacob-Desmalter. Debout derrière le pupitre, Méneval y écrivait sous la dictée de Napoléon.


Les trois pièces qui suivent étaient affectées au service des secrétaires de l’Empereur. Le mobilier de ces trois bureaux est analogue à celui de 1810 : tables à écrire, bureaux mécaniques ou à cylindre… Quant au décor du dernier bureau, c’est l’Impératrice Eugénie qui le transforma. On l’appelle le « salon des Oiseaux » depuis que les boiseries reçurent des toiles de Snyders et Fyt.

L’antichambre du Col de cygne était la pièce des buffets au temps de Louis XVI (la fontaine en plomb doré servait à conserver les bouteilles au frais). Dans les vitrines est exposée une partie du service en porcelaine de Sèvres à décor en camaïeu rose utilisé à Fontainebleau sous Louis XV et Louis XVI.
Le cabinet topographique est une pièce de travail pour Napoléon. Les trois grandes tables servaient à étaler les cartes. La pendule géographique du célèbre horloger Janvier indique à chaque instant l’heure dans toutes les parties de la France.

  • 2) Les Petits Appartement de l’Impératrice

Ils furent aménagés pour Joséphine qui les utilisa en 1809. Marie-Louise les occupa en 1810. On y entrait par le vestibule de la cour Ovale.


Le salon d’étude était une pièce privée (c’est la dernière pièce de l’appartement). L’Impératrice y travaillait ou se tenait avec un cercle restreint. La table à dessiner, le chevalet, le métier à broder et le piano-forte donnent une idée des activités de l’Impératrice.
Le cabinet de passage permettait d’aller vers la chambre à coucher et de gagner les jardins.


Le mobilier de la chambre de l’Impératrice a été installé pour Joséphine : le brocart des sièges et du lit dont les couleurs sont très fanées est d’origine. Seule transformation, la couchette a été agrandie pour deux personnes sous Louis-Philippe.

La salle de bains de l’Impératrice possède un ingénieux système qui permet de dissimuler la baignoire encastrée dans le sol sous un canapé amovible. La pièce servait ainsi également de boudoir. Le mobilier d’origine est en place, les rideaux et les garnitures des sièges ont été retissés d’après l’original.


La pièce de service séparait l’appartement privé de l’Impératrice (du salon d’étude à la salle de bains) des pièces de réception. Les dames d’annonce s’y tenaient. Leur fonction étant, comme leur nom l’indique, d’annoncer à l’Impératrice les personnes qui désiraient lui parler. On les appelait les « femmes rouges » en raison de leur tenue.


Le deuxième salon de l’Impératrice est appelé aussi salon Jaune en raison de sa couleur. Le mobilier de ce salon de réception est d’un modèle riche, en bois doré. On remarquera la console face aux fenêtres : munie de deux pilastres arrière en bronze, elle est sans fond de glace pour laisser passer la chaleur venant de la bouche de chauffage à air chaud situé derrière. Entre les fenêtres, les petites consoles pouvaient servir de jardinières.


Le premier salon de l’Impératrice était réservé aux officiers de service ; ce salon servait également de salle de jeux. Des tables y étaient alors apportées et les « voyeuses » permettaient aux spectateurs de regarder le jeu : les dames se mettaient à genoux sur celles en forme de prie-dieu, les hommes s’asseyaient à califourchon sur les plus hautes. Si l’Impératrice le souhaitait, on débarrassait ce salon de ses tables de jeux dans le cabinet de passage.


Bien avant de devenir la première pièce par laquelle on entrait chez l’Impératrice, l’antichambre de l’Impératrice était une chambre sous Louis XV.

  • Création du musée

Depuis 1986, le château de Fontainebleau est également le siège du Musée Napoléon Ier, consacré à l’Empereur et à sa famille. Dans une suite de neuf salles sont présentées des collections prestigieuses tant par leur qualité artistique que par leur importance historique. On y trouve des armes, des pièces d’orfèvrerie, d’habillement, des porcelaines, ayant appartenu aux divers membres de la famille impériale, ainsi que des bustes ou des peintures qui restituent leurs traits.
La décision de créer au château de Fontainebleau ce musée a été prise en 1979 au moment où le prince Napoléon et les autres descendants de Jérôme, dernier frère de Napoléon, ont conclu avec l’État français un arrangement portant don et cession d’une partie des collections de la famille impériale.
Un certain nombre des œuvres concernées étaient déjà, depuis 1968, mises en dépôt par le prince dans les musées de Bois-Préau (annexe de Malmaison) et de Compiègne. Il a paru préférable de les répartir entre les musées napoléoniens préexistants et le musée du château de Fontainebleau. Si Malmaison restait le musée du Consulat, de Joséphine et de ses enfants, Bois-Préau le musée de Sainte-Hélène, du Retour des Cendres et de la légende, Compiègne, le musée du Second Empire, Fontainebleau allait devenir le musée de Napoléon Ier Empereur et de ses frères et sœurs souverains en Europe entre 1804 et 1815.
Le musée Napoléon Ier de Fontainebleau ne fait donc revivre ni l’épopée ni la légende. Il n’est pas davantage le musée de tout le Premier Empire. Il est axé sur l’Empereur et sa famille.

  • Programme muséographique

L’aile Louis XV dans laquelle est installé le Musée Napoléon Ier a été construite de 1738 à 1774 pour servir de logement aux nombreux membres de la cour. De 1803 à 1808 elle fut utilisée pour l’Ecole Spéciale Militaire (transférée en 1808 à Saint-Cyr). Son décor intérieur remonte à la campagne de travaux (1808-1810), qui permit l’aménagement, voulu par Napoléon, de nouveaux appartements destinés à la famille impériale.
Le parti muséographique choisi a été d’intégrer des objets et œuvres d’art relatifs à des personnages historiques dans un décor palatial. On a donc porté une attention toute spéciale au choix des tissus qui garnissent murs et sièges (tous les modèles ont figuré à Fontainebleau ou dans d’autres palais sous le Premier Empire).
Les collections sont réparties de manière thématique.

  • Corridor

Des tableaux et des bustes lui donnent l’aspect d’une galerie de famille.
Pour une lecture détaillée, allez dans la partie “arrêts sur images”, section II “une famille comblée par l’Empereur” (généalogie).

  • Salle I : Napoléon, Empereur des Français et Roi d’Italie

Premier consul en 1799, proclamé « Empereur des Français » par décision du Sénat du 18 mai 1804, Napoléon Ier voulut conforter son pouvoir par un couronnement assorti d’un sacre. La cérémonie, grandiose, eut lieu le 2 décembre 1804 dans le chœur de Notre-Dame de Paris, en présence du pape Pie VII. Il fallait faire connaître les traits du jeune monarque de trente-cinq ans. Le sculpteur Chaudet modela le nouvel imperator couronné de lauriers, et le peintre Gérard reçut commande d’un Portrait en pied de l’Empereur en costume du sacre, appelé à être multiplié par l’atelier, ainsi que d’un Portrait de l’Impératrice Joséphine, représentée assise sur son trône parsemé d’abeilles. L’Italie du Nord, que Bonaparte avait connue comme général en chef puis comme premier consul lors des campagnes de 1796-1797 et de 1800, était la deuxième souveraineté exprimée dans la titulature officielle de Napoléon. Roi d’Italie de mars 1805 à avril 1814, il la visita à deux reprises en tant que souverain, au printemps 1805 pour son couronnement à Milan, et à l’automne 1807 après le traité de Tilsit, premier apogée de son système.

  • Salle II : Les fastes de la table impériale

Napoléon considérait le cérémonial comme indispensable à la manifestation de son pouvoir souverain. Monsieur de Ségur, nommé Grand maître des cérémonies dès 1804 fut chargé d’établir « L’Étiquette du Palais impérial » qui énumère les règles du protocole. Le titre V qui traite des « Repas de leurs Majestés » distingue trois situations : le grand couvert (en public), le petit couvert (avec un cercle restreint) et le service dans les appartements intérieurs.
Le tableau de Casanova représentant le banquet du mariage de Napoléon et de Marie-Louise aux Tuileries évoque pour nous ce que fut un grand couvert. On peut y distinguer en particulier plusieurs éléments du grand vermeil exécuté par l’orfèvre Henry Auguste et offert par la ville de Paris à l’occasion du sacre. Sur les mille pièces d’origine il n’en reste que 24 dont une partie est exposée dans les vitrines :
– les nefs de l’Empereur et de l’Impératrice servaient à ranger les serviettes entre des coussins de senteur. La nef de l’Empereur est ornée à la poupe des figures de la Justice et de la Vérité et, à la proue, de celle de la Victoire ; sur le côté face aux visiteurs un bas-relief représentant la ville de Paris remettant le « grand vermeil » à Napoléon. La nef de l’Impératrice est ornée à la poupe des figures des Trois Grâces et à la proue, de celle de la Bienfaisance ; sur le bas-relief du côté, l’Impératrice faisant distribuer des secours aux malheureux ;
– en complément de ces nefs qui constituaient les pièces principales du décor de la table, les deux cadenas dans lesquels étaient rangées les épices ;
– d’autres pièces du grand vermeil sont réparties dans les trois vitrines du fond de la salle : pots à oille (ronds), terrines (ovales), seaux à bouteilles, verrières (pour mettre les verres à rafraîchir) et une aiguière et sa jatte.
D’autres services, de vermeil, d’argent étaient également utilisés. Des services en porcelaine créés par la Manufacture de Sèvres pour Napoléon, le plus important est le Service particulier de l’Empereur dont dix-neuf des soixante-douze assiettes décorées de sujets « agréables » à l’Empereur, sont visibles dans la vitrine de gauche (vues d’Egypte, de Syrie, de Paris et ses environs …). Le marli (bord) d’un vert nouveau « dont la découverte est due aux chimistes français » (Brongniart, administrateur de la manufacture) est orné d’une frise de glaives en or.
Un autre service en porcelaine de Sèvres est exposé dans une vitrine : le service « vues diverses » commencé pour Napoléon mais achevé seulement sous la Restauration.

  • Salle III : Ordre et prospérité. Paris capitale du luxe et la France modèle pour l’Europe

Au cours de son règne Napoléon reçut de nombreux cadeaux diplomatiques. Le surtout de table offert par le roi Charles IV d’Espagne entre dans cette catégorie. Certaines pièces de ce surtout, assez éloigné du goût français, subirent des transformations et furent dispersées dans les palais impériaux sous formes de pendules ou candélabres. Trente et une sont présentées ici, sur les consoles et la cheminée : divers monuments en albâtre, pierres dures et bronze doré, le tout réalisé vers 1790 dans les ateliers royaux de Madrid (Buen Retiro). D’autres parties de ce surtout se retrouvent dans les Petits Appartements.
Certains cadeaux étaient des ventes déguisées, le donateur attendant une gratification. De ce nombre est la table dite de Venise, réalisée en pâtes de verre polychrome par un verrier vénitien du nom de Barbaria (au centre de la salle).

  • Salle IV : L’empereur en campagne

Entre 1804 et 1814 Napoléon passa trois ans et trois mois en campagne. Il y avait donc toute une organisation pour les déplacements et pour la vie sur les champs de bataille. Est reconstitué ici, partiellement, l’intérieur de la tente de l’Empereur, telle qu’elle était dressée à son arrivée sur place d’après un modèle conservé au Mobilier National. En avant est évoqué ce que l’on appelait le « cabinet », avec un mobilier très simple, table et sièges pliants, flambeau, couvert démontable. Au fond, la chambre à coucher de l’Empereur avec son lit en fer.
Dans la vitrine de droite sont présentés les nécessaires de voyage qui servaient à Napoléon pour faire sa toilette, travailler et prendre ses repas. La plupart de ces objets sont de l’orfèvre Biennais.
Dans la deuxième vitrine on reconnait la célèbre redingote et un des chapeaux en feutre noir que l’Empereur portait avec ses uniformes. Le portefeuille, aux armes de Napoléon, servait à transporter le courrier et les papiers des diverses administrations pendant les séjours en campagne, maintenant ainsi des rapports constants avec Paris et le gouvernement de l’Empire.

  • Salle V : Napoléon, épicentre de son système

Chaque jour Napoléon porte une tenue militaire, soit l’uniforme bleu de colonel des grenadiers à pied de la Garde soit l’uniforme vert des chasseurs à cheval (ils sont exposés en alternance dans la vitrine de droite). Son emploi du temps est bien réglé. Après la toilette du matin et l’entrée des familiers, il travaille généralement dans son bureau avec ses secrétaires. L’ensemble de la journée est d’ailleurs consacré au travail interrompu seulement par de courts moments accordés aux repas (5 minutes parfois), à la promenade, la chasse (voir ses fusils à côté d’une de ses épées de service et de quelques objets lui ayant appartenu dans la vitrine de gauche) ou le spectacle. Le dimanche est réservé à la représentation : messe, parade, audience diplomatique et audience générale.
Dans une autre vitrine, ce sont des objets qui appartenaient à Jérôme, Roi de Westphalie : cuirasse, casque ou fontaine à thé ; à Joseph, Roi d’Espagne : couteau de chasse, nécessaire à pistolet ; ou encore à Louis, le Roi de Hollande. Enfin une dernière recèle le sabre, dit “sabre des Empereurs”, remis par l’Empereur François d’Autriche au jeune général Bonaparte.

  • Salle VI : Marie-Louise

Après avoir divorcé de Joséphine qui ne lui donnait pas l’héritier nécessaire pour asseoir son régime, Napoléon épousa en 1810 Marie-Louise, fille de l’Empereur François Ier d’Autriche (et petite-nièce de la reine Marie-Antoinette).
La nouvelle Impératrice avait dix-huit ans. Un grand portrait, réplique d’un original de Gérard la représente en grand costume d’apparat. Divers souvenirs sont exposés qui donnent un aperçu sur la vie et les goûts de Marie-Louise : métier à broder, serre-bijoux, et dans la vitrine déjeuner en porcelaine de Sèvres dit « des peines et plaisirs de l’amour », tabatière, almanach relié à son chiffre…
D’autre part sur le mur de gauche une scène intime peinte par Menjaud révèle le goût que Marie-Louise avait pour les arts : elle est représentée faisant le portrait de son mari.

  • Salles VII, VIII et IX : Le Roi de Rome

Napoléon-François-Charles, Roi de Rome, naquit aux Tuileries le 20 mars 1811. L’événement qui comblait les espoirs de l’Empereur fut salué par cent un coups de canon et les acclamations des Parisiens. L’enfant fut confié à la comtesse de Montesquiou nommée gouvernante des enfants de France. Dans la première pièce qui lui est consacrée un petit buste en plâtre le représente à l’âge de quelques mois. Au centre de la pièce, le berceau en orme par Thomire-Duterme, qui a figuré dans la chambre à coucher des Tuileries, reprend de nombreux éléments du célèbre berceau d’apparat offert par la ville de Paris à l’occasion de sa naissance (envoyé à Vienne en 1814). Sur la commode, provenant également de la chambre des Tuileries, est posé le baptistère en vermeil qui servit à l’ondoiement du petit prince.
On retrouve le Roi de Rome agé d’environ un an et demi sur un portrait (salle VIII) par Gérard, (peut-être l’exemplaire envoyé par Marie-Louise à Napoléon en Russie et exposé devant sa tente à la veille de la bataille de la Moskowa). Dans la vitrine sont différents jouets et jeux éducatifs du roi de Rome : sabre, fusil, tambour, canon, puzzle, jeu de dominos. Enfin une méthode de lecture « le Quadrille des enfants » comportant un livre et deux boîtes de fiches.
Dans la salle IX sont exposés par roulement des éléments de la layette : chemises, brassières, dessus de berceau, habit en nankin. Comme le voulait la tradition, cette layette avait dû être donnée par la suite à la gouvernante, ce qui explique que la plupart des éléments en notre possession viennent des descendants de Madame de Montesquiou. Celle-ci est d’ailleurs représentée sur le tableau de Menjaud (en face de la vitrine) où l’on voit Napoléon, assis à sa table de déjeuner, tenant le roi de Rome dans ses bras, en présence de Marie-Louise, de Madame de Montesquiou, de la nourrice Madame Auchard.

L’histoire par les œuvres

Quelques ressources de Fontainebleau permettant de traiter l’histoire de Napoléon Ier et du Premier Empire.

Le coup d’État du 18 brumaire porte Napoléon à la tête du pays. Il devient alors premier Consul. Pour consolider son pouvoir et devenir l’égal des autres souverains européens, Napoléon se fait sacrer empereur en présence du pape Pie VII. C’est à Fontainebleau que la rencontre entre les deux hommes a lieu.
Le sacre se déroule le 2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris lors d’une cérémonie grandiose minutieusement préparée qui dure près de trois heures. Cet événement place d’emblée le Premier Empire dans la continuité monarchique tout en marquant de profonds changements comme le montre le Portrait de Napoléon en souverain législateur (Girodet et atelier).

Atelier de Anne-Louis Girodet ( Montargis 1767- Paris 1824 ), répétition confiée à Jean-Baptiste Mauzaisse (Corbeil 1784 – Paris 1844) et Giroux  (?-?)
1812-1814 Huile sur toile H. 2,61 ; L. 1,84

Girodet reçut en février 1812 commande d’une représentation de l’Empereur en trente-six exemplaires, destinés à chacune des trente-six Cours d’appel de l’Empire à son apogée. Cette image officielle du souverain montre Napoléon debout en « grand habillement » du sacre, vêtu du manteau impérial doublé d’hermine, portant le grand collier de la Légion d’honneur, et tenant dressé son sceptre d’une main assurée. Elle dégage une impression de puissance et de stabilité. Girodet donne à cette figuration de l’Empereur un traitement quasiment sculptural.
Aux classiques imperalia (sceptre tenu dans la main gauche, main de justice et globe posés sur un coussin reposant sur une table) s’ajoute, invention de Girodet, le Code civil, attribut du prince législateur, dont Napoléon est en large partie inspirateur, sinon rédacteur.

Le style propre à l’Empire — qui s’inscrit dans l’évolution du néoclassicisme diffusé en Europe à partir des années 1760-1770 —, le retour de la magnificence et du luxe, la mise en place d’une nouvelle étiquette (codifiée par le maître de cérémonie M. de Ségur dans l’ouvrage l’Étiquette du palais impérial) sont une exigence pour un homme désireux d’inscrire dans le temps un régime créé de fraîche date.

Napoléon favorise un art décoratif propre à l’Empire, insufflé par le duo d’architectes Percier et Fontaine. Il fait appel à des artisans célèbres comme l’ébéniste Jacob-Desmalter ou le bronzier Thomire pour la conception du mobilier. Les formes sont simples, symétriques, et inspirées de la Rome antique. Ce nouveau style décoratif connaît une véritable vogue, en France comme à l’étranger où il est exporté.
Cet ameublement est enrichi de textiles et notamment de soieries lyonnaises qui connaissent alors une forte expansion, favorisées par l’interdiction des importations britanniques, l’incitation aux dépenses somptuaires et le soutien des commandes publiques. Fontainebleau en bénéficie d’ailleurs largement : de riches étoffes – taffetas, damas, brocart, velours – viennent garnir les murs et le mobilier.

Salle du Conseil Grands Appartements

Cette chaise est caractéristique du style empire. Les pieds avant sont droits et les pieds arrière incurvés « en sabre », le dossier est carré, les accotoirs montés en angle droit. Le bois est doré car cette chaise appartient aux Grands Appartements et agrémenté de motifs décoratifs comme les palmettes ou les rosaces.
Elle est tapissée de deux tissus de soie rouge : damas et brocart, qui procèdent de techniques différentes. Le damas est un tissu aux dessins mats, constitué ici d’une couronne de fleurs et d’une étoile, sur fond satiné. En bordure, le brocart fait apparaître des dessins au fil d’or en relief (étoile et feuilles de chênes) sur un fond uni.

Chambre à coucher de l’Empereur Grands Appartements

La chambre à coucher de l’Empereur est éclairée par un important lustre et deux bras de lumière. Le lit de parade et les sièges de la chambre de Napoléon sont en bois doré. Ils sont recouverts d’un velours chiné (les fils sont de différentes couleurs) qui mêle motifs de fleurs et feuilles de laurier, ainsi que d’une soie verte légère, le taffetas. Le somno, ou table de nuit, (œuvre de Jacob-Desmalter) est un élément nouveau des chambres à coucher. Réalisé en bois d’acajou, très à la mode pendant l’Empire, cette petite table de nuit permet de cacher un pot de chambre. Un somptueux tapis de laine et de soie est orné d’aigles, de trophées de guerre et de cornes d’abondance.

La table, au carrefour du luxe et de l’étiquette Musée Napoléon Ier

Alexandre Dufay (dit Casanova), Festin du mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise, 2 avril 1810, 1810 Huile sur toile
H. 148 ; L. 224,5

Casanova immortalise le banquet du mariage de Napoléon et Marie-Louise, d’une grande solennité. Il se déroule dans la salle de spectacle des Tuileries le soir du 2 avril 1810 et montre l’importance de l’étiquette. Dressée sur la scène même du théâtre, la table du banquet disposée en demi-cercle, s’ouvre, s’imagine-t-on, sur une foule de spectateurs identique à celle qui s’amasse dans le fond du tableau. Les regards se tournent vers les acteurs constitués en grande partie de la famille impériale.
Napoléon et sa nouvelle épouse sont au centre de la table. Leur position est renforcée par la présence du dais suspendu, tradition héritée de l’Ancien Régime. A gauche sont assis Napoléon, sa mère et les hommes, à droite Marie-Louise et les femmes. La table est dotée d’un riche et lourd décor à la hauteur de l’événement, est constitué d’une partie du « Grand Vermeil » : les nefs de l’Empereur et de l’Impératrice sont posées aux extrémités, les cadenas devant eux, six grandes girandoles à figures de femme ailée éclairent la table, et différentes autres pièces de décoration l’agrémentent.

Le « Grand Vermeil », service de table en vermeil, œuvre de l’orfèvre Auguste à Paris, 1804

Napoléon accorda une grande importance à la codification des repas. Dans le livre Étiquette du palais impérial, un titre spécial concernait les repas divisés en grand couvert, petit couvert et service dans les appartements intérieurs. Le « Grand Vermeil », offert par la ville de Paris en 1804 à l’occasion de la cérémonie du sacre et composé de plus de mille pièces, est une orfèvrerie d’apparat qui permet de pouvoir dîner en grand couvert comme sous l’Ancien Régime.
Pour des repas moins solennels Napoléon utilisait d’autres services de vermeil ou d’argent blanc.

La nef de l’Impératrice (Auguste, orfèvre, Paris, 1804)

 

Les nefs appartiennent aux tables royales d’Ancien Régime. A l’origine, la nef contient les épices ou les serviettes du souverain et devient par la suite un objet symbolique disposé sur les tables royales lors des repas publics, symbolisant la place et la présence du souverain. Les nefs de l’Empereur et de l’Impératrice, de forme et de dimensions semblables, présentaient quelques différences quant au décor.

Le cadenas de l’Empereur (Auguste, orfèvre, Paris, 1804)

 

Les cadenas, type de présentoir apparu au XVIe siècle, sont composés de deux parties, le plateau et un petit coffret à plusieurs compartiments servant à conserver des épices.

Assiette du service particulier de l’Empereur : le palais des Tuileries et la rue de Rivoli

Les tables impériales sont somptueusement garnies : vermeil, argenterie abondante, services de porcelaine produits par la Manufacture de Sèvres. Le plus important de tous fut le « service particulier de l’Empereur ». Voulu par Napoléon, il devait être orné de sujets « qui réveillent des souvenirs agréables » : pays visités lors des conquêtes, palais impériaux, institutions…
Ici, l’assiette représente la rue de Rivoli et, au fond, le palais des Tuileries, résidence officielle de l’Empereur. Son marli comporte une frise de glaives à l’antique en or sur fond vert.

 

En faisant de Fontainebleau une résidence officielle, Napoléon offre une nouvelle vie à la résidence royale. Il cherche à en faire un lieu accueillant pour sa cour. Le château comporte trois espaces de vie : les « Grands Appartements » sont réservés à la vie de cour ; la vie quotidienne se déroule dans les « Appartements ordinaires » ou « intérieurs » ; Napoléon et l’Impératrice disposent enfin de « Petits Appartements » plus intimes.
L’Empereur ne cesse de travailler à Fontainebleau mais il s’y octroie davantage de liberté : chasse trois fois par semaine, soirées consacrées au bal et au théâtre, dimanches réservés à la messe, aux réceptions officielles et le soir au cercle chez l’Empereur. En 1810, après son mariage avec Marie-Louise et l’annonce de sa grossesse, le séjour est plus gai même s’il reste rythmé par les mêmes occupations. Plus tard, Napoléon apprécie la présence de son fils et n’hésite pas à bouleverser son emploi du temps pour être auprès de lui mais les campagnes militaires lui laissent peu de répit.

  • Le lever

La chambre de l’Empereur des Petits Appartements

Les différentes chambres de Napoléon se ressemblent. Il aime avoir le même mobilier, la même décoration, et le même agencement dans les différents palais impériaux.
Entre six et sept heures du matin, le premier valet de chambre entre dans la chambre de l’Empereur : « Ouvre les fenêtres », lui dit-il. Dès que la pièce est aérée le voici levé et enveloppé dans sa robe de chambre, recevant la correspondance de son secrétaire. Installé devant son feu, il ouvre lui-même ses lettres. Il parcourt les journaux tout en prenant une tasse de thé ou de fleur d’oranger.
Ensuite l’Empereur s’habille avec l’aide de son valet de chambre après s’être rendu à la salle de bains et rasé lui-même. A neuf heures précises, fin prêt, la journée officielle commence.

  • La toilette

La salle de bains des Grands Appartements

La salle de bains de l’Empereur est d’une sobriété exemplaire, blanche et sans décor. Il s’y rend le matin chaussé de pantoufles rouges ou vertes. Le bain chaud est chez lui une passion. Il y reste souvent une heure entière, emplissant la pièce de vapeur. Son secrétaire lui fait une revue de presse et si des dépêches urgentes arrivent, il les lui lit. L’Empereur, qui travaille souvent la nuit, aime prendre un bain après une nuit de travail. Ainsi, le baron Fain raconte dans ses Mémoires : « Si le jour venait le surprendre dans ses méditations, il demandait un bain. Il était recouché à cinq heures du matin et son dernier réveil était au plus tard à sept heures ». A proximité il avait la possibilité de prendre le petit déjeuner avec l’Impératrice dans le passage des bains d’où la présence des deux fauteuils.

  • Chambre du secrétaire particulier

Petits Appartements

Cette pièce entresolée des Petits Appartements est la chambre du secrétaire de l’Empereur. Elle est meublée simplement d’un lit en bois peint placé dans l’alcôve, entre deux penderies. Un fil de fer courant le long d’un mur actionne la clochette reliée à la chambre de Napoléon. Méneval a la charge écrasante de jour comme de nuit, de la correspondance et du classement. Très bon secrétaire, il est le plus proche collaborateur de l’Empereur, comme son prédécesseur Bourrienne et son successeur Fain.

  • Le déjeuner

Alexandre Menjaud,
Marie-Louise portant le Roi de Rome à Napoléon Ier pendant le repas de l’Empereur, salon de 1812 Huile sur toile. H. 43; L. 51
Musée Napoléon Ier

L’Étiquette du palais impérial précise l’organisation du déjeuner.
Un guéridon utilisé à cet effet était déjà disposé dès 9h30. Le Secrétaire d’État de la famille impériale, Regnaud de Saint-Jean-d’Angély, en habit amarante brodé argent, se tient debout près de la table. Le déjeuner doit comprendre : un potage, trois entrées, deux entremets, deux desserts et une tasse de café ; pour boisson, une bouteille de Chambertin. Mais il ne touche jamais à tant de plats. Il mange très vite et toujours seul, sauf pendant la grossesse de Marie-Louise. À partir de la naissance de son fils, Madame de Montesquiou – debout au centre – la gouvernante, à ordre de le lui amener chaque jour au moment du déjeuner. On remarque à l’extrême droite la nourrice du Roi de Rome, Mme Auchard.

  • Les distractions

Le salon d’étude de l’Impératrice

Alexandre Menjaud, L’Impératrice Marie-Louise faisant le portrait de Napoléon Ier, salon de 1810. Huile sur toile H. 72 ; L. 59

Dans ce salon des Petits Appartements, Joséphine, puis la jeune Marie-Louise se tiennent en cercle restreint. Marie-Louise aime les arts. Elle dispose d’un piano forte pour jouer de la musique de chambre, ainsi que d’une table à dessiner et d’un chevalet comme sur ce tableau où Marie-Louise fait le portrait de Napoléon.
Marie-Louise s’installe aussi devant son métier à broder, tout en conversant avec ses dames. Le travail des tissus est alors fréquemment pratiqué dans la haute société. Les dames jouent aussi à la table de trictrac ou lisent en s’aidant d’un lutrin. En fin d’après-midi elles prennent un thé ou un chocolat autour du guéridon.
Les lundis, mercredis, vendredis, la cour assiste au spectacle : concert, airs d’opéras italiens ou théâtre, donné par les comédiens français qui suivent la cour.
De son côté Napoléon pratique la chasse à tir avec battues ou la chasse à courre, deux fois par semaine. C’est une recherche de l’exercice physique qui l’entraîne dans cette pratique.

  • Les jeux du Roi de Rome

Héritier tant attendu, le Roi de Rome, bonheur pour l’Empereur, fut, durant ses jeunes années, très gâté.
Il reçoit de nombreux cadeaux de prestige comme ce hochet à clochettes, en or et cristal de roche, qui est également un sifflet. Le manche sert à l’enfant à se faire les dents tandis que les clochettes et le sifflet lui permettent de s’amuser.
En attendant de recevoir une formation militaire, comme tout garçon il joue au soldat. Il a à sa disposition un petit attelage d’artillerie, un tambour et un sabre de lancier. Il recevra aussi un couteau de chasse à ses initiales (NFJCRR pour Napoléon François Joseph Charles, Roi de Rome), une giberne et un fusil dont la crosse porte l’aigle et la louve romaines. En revanche, pour jouer avec sa cousine ils auront une adorable dînette en vermeil.
Si le Roi de Rome reçoit des cadeaux d’apparat, il possède également des jeux plus modestes. Il en est ainsi de ce jeu de loto composé d’une boîte en acajou avec des cartes en carton et des pions conservés dans un sac de cuir.

 

Napoléon est un militaire victorieux. Il prépare ses campagnes avec rigueur, connaît par cœur les corps d’armée, les divisions, les brigades et même les régiments et les officiers qui les commandent. Il donne la priorité à la connaissance du terrain en utilisant largement la cartographie et ses lectures.
Sur le terrain, il exerce le commandement unique. Il anticipe également les manœuvres de l’ennemi, privilégie la vitesse et la surprise (« À la guerre, l’audace est le plus beau calcul du génie »). Sur les champs de bataille sa tactique lui permet de remporter de brillantes victoires.
Le fin stratège a conscience de l’influence qu’il exerce sur l’homme de troupe. En grand génie de la communication, il fait de lui-même un personnage dont les habits simples sont la marque de fabrique. Pour s’attacher ses hommes et les remercier, il crée la Légion d’Honneur, accessible à tous, sans distinction d’origine ou de grade.

  • L’homme d’étude: 

 

Petits Appartements: La bibliothèque

 

Le château de Fontainebleau dispose de deux bibliothèques sous l’Empire. L’une, constituée dans la chapelle Saint-Saturnin, est ouverte à toute la cour. La seconde, ici présentée, est la bibliothèque personnelle de l’Empereur.
Elle se situe dans les Petits Appartements, en lien direct avec le cabinet de travail des Grands Appartements par un petit escalier en colimaçon. Les ouvrages ont un but avant tout utilitaire. Ils consistent pour l’essentiel en livres d’histoire, de géographie ou de droit, mais aussi de science, de philosophie, ainsi que quelques romans et recueils de poésie, et sont répartis en 15 catégories identifiées par une lettre de l’alphabet.

 

Petits Appartements: Le cabinet de travail 

 

Dans chacun des palais impériaux, l’empereur dispose d’un cabinet de travail jouxtant systématiquement sa chambre à coucher. Il y fait placer un bureau mécanique. Mis au point par les frères Jacob vers 1800, ce système se caractérise par un plateau supérieur coulissant qui permet de refermer le bureau sans déplacer les documents. Napoléon dormait peu, et ne s’éloignait pas même la nuit de son bureau de travail ; un lit est ainsi placé tout près à cet effet.

 

Petits Appartements: Le cabinet Topographique

 

Ce cabinet Topographique est à proximité du bureau. C’est un espace dégagé où Napoléon peut librement déployer les cartes sur trois tables réunies. Pendant une campagne militaire, la carte est un outil capital pour l’élaboration de la stratégie adéquate.

  • L’homme de terrain: les campagnes militaires

 

Musée Napoléon Ier: La tenue de colonel des grenadiers à pied de la garde

 

Au quotidien, Napoléon porte des habits simples, délaissant même l’uniforme de son grade – général de division. Dès le Consulat, en effet, il choisit de porter simplement un uniforme de colonel. Désirant honorer deux de ses régiments d’élite, il porte alternativement l’habit vert de colonel des chasseurs à cheval ou l’habit bleu de colonel des grenadiers à pied de la garde. Très peu d’uniformes ont été conservés et les témoignages diffèrent sur celui porté le plus régulièrement.

 

Musée Napoléon Ier: La tente de campagne (reconstitution)

 

La tente de campagne est utilisée lorsque l’Empereur ne peut être logé chez l’habitant. Il en a possédé plusieurs, souvent du même modèle. Elles comprennent deux espaces. Le premier sert d’antichambre et dispose de petites tables pliantes, d’un fauteuil et de pliants réservés au secrétaire particulier et à l’aide de camp de service. Le second, plus petit, accueille le simple lit de camp de l’Empereur, en fer forgé.

 

Musée Napoléon Ier: Le nécessaire de voyage

 

Napoléon dispose de plusieurs nécessaires de voyage pour la toilette, l’écriture ou les repas. Ils sont conçus de manière à s’encastrer à l’intérieur de la berline impériale.
Ce sont des orfèvres réputés qui réalisent les nécessaires. Le modèle présenté a été réalisé par Biennais qui utilise ici l’acajou et le cuivre pour le coffret, l’argent, le vermeil, l’ivoire, l’ébène et le cristal pour les objets. Jérôme, frère de l’Empereur, reçoit cet ensemble comme cadeau en 1806

  • La légende

 

Musée Napoléon Ier: Le chapeau

 

Les chapeaux de Napoléon sont volontairement simples : de feutre noir, sans galon ni bordure, orné d’une simple cocarde tricolore quand ceux des officiers supérieurs arborent plumes et dorures. Il les porte de manière originale, en bataille (parallèle aux épaules), alors que les autres le portent en colonne.
Il a choisi de porter ce modèle dès 1802. On estime qu’entre 1802 et 1815, 168 chapeaux lui ont été livrés. Celui-ci a été réalisé par le chapelier Poupard. Ces chapeaux sont en réalité très fragiles et résistaient très mal aux intempéries. Le directeur de la garde robe impériale, Gervais, consentait alors à en donner à son buandier pour servir de poignées de fer à repasser.

 

Musée Napoléon Ier: La redingote

 

La redingote est, avec le bicorne, sans doute l’objet incarnant le mieux Napoléon. D’une composition simple, de drap de laine gris doublé de soie, elle s’inspire des modèles portés avant la Révolution et de ceux des officiers d’infanterie du Premier Empire. Chaque année, deux redingotes, une verte et une grise, étaient commandées pour l’Empereur. Elles devaient durer trois ans. Napoléon les portait encore à Sainte-Hélène – et celle-ci vient probablement de ce dernier exil.

 

Grands Appartements : Le globe de la galerie de Diane

 

Ce globe n’est entré qu’en 1861 à Fontainebleau. Il se situait jusque-là dans le Grand Cabinet de Napoléon aux Tuileries. Témoin des connaissances géographiques de l’époque, il a été réalisé en 1810 par Edmé Mentelle, géographe réputé, qui en avait déjà fabriqué un pour le fils de Louis XVI. Homme de son temps, fin stratège, Napoléon avait de l’intérêt pour les cartes et les territoires exotiques.

 

Musée Napoléon Ier: Légion d’Honneur

 

Considérées comme éléments d’inégalités, les décorations avaient été toutes supprimées à la Révolution. Malgré une assez forte opposition – notamment des anciens Républicains – un ordre « national » destiné aux militaires comme aux civils méritants est créé le 19 mai 1802. C’est la Légion d’Honneur. L’objectif est de s’attacher les récipiendaires et de promouvoir une nouvelle élite. C’est environ 35000 personnes qui en sont décorées. Sous l’Empire, elle donne droit à une pension.
Surnommée « la croix », il s’agit en réalité d’une étoile à cinq rayons, entourée d’une couronne de feuilles de laurier (victoire) et de feuilles de chêne (longévité). D’un côté était figuré la tête de l’empereur et inscrit la légende « Napoléon, Empereur des Français », de l’autre côté l’aigle tenant la foudre et l’inscription « Honneur et Patrie ».

  • Le salon particulier des Grands Appartements

Le 31 mars 1814 les Alliés entrent dans Paris. Vaincu, Napoléon gagne Fontainebleau dans la nuit. Après avoir préparé des projets insensés d’attaque contre la capitale, il se résout sous la pression des maréchaux à une première abdication en faveur de son fils, le 4 avril.
Le 6, il signe un nouvel acte d’abdication, sans condition, sur le guéridon du salon particulier. Une inscription gravée sur une plaque de cuivre disposée sous le plateau signale cet événement.

  • Adieux de Napoléon à la garde impériale

 
Girardet d’après Horace Vernet (1925),
Adieux de Napoléon à la garde impériale à Fontainebleau, 20 avril 1814,
Gravure
H. 357 ; L. 534 cm
Château de Fontainebleau

 

La cour porte plusieurs noms : cour du Cheval blanc, cour d’Honneur ou cour des Adieux en souvenir de la cérémonie de départ de Napoléon pour l’île d’Elbe le 20 avril 1814. A une heure de l’après-midi, l’Empereur sort de son appartement, descend l’escalier en Fer-à-cheval et s’avance vers sa garde :


« Soldats de ma vieille garde, je vous fais mes adieux. Depuis vingt ans, je vous ai trouvés constamment sur le chemin de l’honneur et de la gloire. […] Avec des hommes tels que vous notre cause n’était pas perdue ; mais la guerre était interminable : c’eût été la guerre civile, et la France n’en serait devenue que plus malheureuse. J’ai donc sacrifié tous nos intérêts à ceux de la patrie ; je pars : vous mes amis, continuez à servir la France. »
L’empereur embrasse le drapeau. « Adieu, encore une fois, mes vieux compagnons ! Que ce dernier baiser passe dans vos cœurs. »

« Ressources »

Napoléon Ier est un des grands noms de l’histoire du château de Fontainebleau. Remeublant un château fortement éprouvé par la Révolution pour y accueillir le pape Pie VII à la veille de son sacre, le château conserve les salles d’apparat, l’appartement intérieur, les Petits Appartements et la salle du Trône de l’Empereur des Français. Lieu de son abdication en 1814, il reste fortement attaché à l’histoire napoléonienne, notamment grâce au « musée Napoléon » et à la richesse de ses collections.

Le ré-ameublement du château et le luxe qui y préside sont les sujets centraux des deux premiers documents. Le texte d’Emile Marco de Saint-Hilaire, page à la cour impériale, plagie largement les mémoires de Constant, premier valet de chambre de l’Empereur ; celui de Vivant Denon, dessinateur, écrivain, diplomate, directeur général du musée central de la République (actuel musée du Louvre), évoque les tableaux qui viennent embellir Fontainebleau.
Dans le dernier document Balzac trace en quelques lignes la biographie de Bette, son héroïne, dont la destinée est étroitement liée au succès de Napoléon et à son action volontariste dans le développement de l’industrie textile (notamment les soieries lyonnaises).

« Napoléon, en attendant son monde, s’amusa à visiter les appartements neufs qu’il s’était fait construire dans le palais. On s’était servi, cette année, et pour la première fois, du bâtiment situé dans la cour dite du Cheval Blanc, où était précédemment l’école militaire qui venait d’être transférée à Saint-Cyr ; il l’avait fait restaurer, agrandir, décorer et meubler en appartements d’honneurs, dans le seul but, avait-il dit, d’occuper les manufactures de Lyon, et de donner de l’ouvrage aux ouvriers de Paris. Il est de fait que ce palais venait d’être tiré de l’état de ruine et de dégradation dans lequel on l’avait laissé subsister depuis le commencement de la Révolution. Il se trouvait alors, et comme par enchantement, rétabli avec une magnificence telle qu’on ne l’avait jamais vu, même dans les beaux jours de Louis XV. »

Emile Marco de Saint-Hilaire, Mémoires d’un page de la cour impériale (1804-1815), Paris, Boulé éditeur, 1848, p. 106.


« J’ai l’honneur de prévenir Votre Majesté qu’outre les 200 tableaux qui étaient déjà au palais de Fontainebleau, j’en ai envoyé 60 autres richement encadrés. J’ai fait de même mettre en ordre cette grande collection et j’ai écrit à M. le grand maréchal du palais pour le prier de demander à Sa Majesté l’autorisation de faire, pour les grands appartements, des dessus-de-porte qui représenteraient les différents lieux où Sa Majesté a eu ses quartiers généraux pendant les campagnes de Germanie, de Prusse et de Pologne. Cette opération devient d’autant plus facile que j’ai tous les dessins de ces lieux, et qu’elle pourrait procurer aux artistes des renseignements dont ils pourraient avoir besoin. »

15 août 1808
tableaux envoyés à Fontainebleau
AF IV , apostille de la main d’un secrétaire
Denon à l’Empereur
Vivant Denon, directeur du musée Napoléon, correspondance administrative


Lors du mariage fantastique de sa cousine, Lisbeth [Fischer] avait plié devant cette destinée, comme les frères et les sœurs de Napoléon plièrent devant l’éclat du trône et la puissance de commandement. Adeline*, exclusivement bonne et douce, se souvint à Paris de Lisbeth, et l’y fit venir, vers 1809, dans l’intention de l’arracher à la misère en l’établissant. Dans l’impossibilité de marier aussitôt qu’Adeline le voulait, cette fille aux yeux noirs, aux sourcils charbonnés, et qui ne savait ni lire ni écrire, le baron commença par lui donner un état ; il mit Lisbeth en apprentissage chez les brodeurs de la cour impériale, les fameux Pons frères.
La cousine, nommée Bette par abréviation, devenue ouvrière en passementerie d’or et d’argent, énergique à la manière des montagnards, eut le courage d’apprendre à lire, à compter et à écrire ; car son cousin, le baron, lui avait démontré la nécessité de posséder ces connaissances pour tenir un établissement de broderie. Elle voulait faire fortune : en deux ans, elle se métamorphosa. En 1811, la paysanne fut une assez gentille, une assez adroite et intelligente première demoiselle.
Cette partie, appelée passementerie d’or et d’argent comprenait des épaulettes, les dragonnes, les aiguillettes, enfin cette immense quantité de choses brillantes qui scintillaient sur les uniformes de l’armée française et sur les habits civils. L’Empereur, en Italien très ami du costume, avait brodé de l’or et de l’argent sur toutes les coutures de ses serviteurs, et son empire comprenait cent trente-trois départements. Ces fournitures assez habituellement faites aux tailleurs, gens riches et solides, ou directement aux grands dignitaires, constituaient un commerce sûr.
Au moment où la cousine Bette, la plus habile ouvrière de la maison Pons où elle dirigeait la fabrication, aurait pu s’établir, la déroute de l’Empire éclata. L’olivier de la paix que tenaient à la main les Bourbons effraya Lisbeth, elle eut peur d’une baisse dans ce commerce, qui n’allait plus avoir que quatre-vingt-six au lieu de cent trente-trois départements à exploiter, sans compter l’énorme réduction de l’armée. Épouvantée enfin par les diverses chances de l’industrie, elle refusa les offres du baron qui la crut folle. Elle justifia cette opinion en se brouillant avec monsieur Rivet, acquéreur de la maison Pons, à qui elle voulait l’associer, et elle redevint simple ouvrière.
La famille Fischer était alors retombée dans la situation précaire d’où le baron Hulot l’avait tirée.
Ruinés par la catastrophe de Fontainebleau, les trois frères Fischer servirent en désespérés dans les corps francs de 1815.

Balzac, La cousine Bette, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », tome IV, pages 160-161.
* Cousine de Lisbeth, et épouse du baron Hulot.

Les deux témoignages suivants donnent un autre éclairage du tableau de Demarne et Dunouy. Savary, alors aide de camp de l’Empereur (et fait par la suite premier duc de Rovigo), fait un rapport circonstancié de la rencontre faussement fortuite. Le cardinal Consalvi, secrétaire d’État dirigeant à Rome les affaires en l’absence du pape, est en revanche indigné du non respect des conventions et du manque d’égards de Napoléon.

« Il [l’Empereur] alla à la rencontre du Pape sur la route de Nemours. Pour éviter le cérémonial, on avait pris le prétexte d’une partie de chasse ; la vénerie, avec ses équipages, était à la forêt. L’Empereur arriva à cheval et en habit de chasse avec sa suite. […] La voiture s’y arrêta ; il sorti par la portière de gauche avec son costume blanc […]. Napoléon mit pied à terre pour le recevoir. Ils s’embrassèrent , et la voiture de l’Empereur, que l’on avait fait approcher à dessein, fut avancée de quelques pas, comme par l’inattention des conducteurs ; mais des hommes étaient apostés pour tenir les deux portières ouvertes ; au moment d’y monter, l’Empereur prit celle de droite, et un officier de cour aposté indiqua au Pape celle de gauche, de manière que, par les deux portières, ils entrèrent ensemble dans la même voiture. L’Empereur se mit naturellement à la droite, et ce premier pas décida de l’étiquette, sans négociations, pour tout le temps que devrait durer le séjour du Pape à Paris. »

Mémoires du duc de Rovigo pour servir à l’histoire de l’empereur Napoléon, t.II, Paris, A. Bossange et Charles-Bréchet, seconde édition, 1829, pp. 111-112, cité par C. Beyeler, Le Pape et l’Empereur, p. 87.


« La précipitation avec laquelle on obligea le pape à effectuer ce voyage ne fut pas moins indécente pour sa dignité que nuisible à sa santé. […] Durant tout ce long trajet, il ne lui fut permis de s’arrêter qu’un jour ou deux à Florence et un jour à Turin, et on le laissa à peine se reposer quelques heures dans d’autres endroits. […] En un mot, on fit galoper le Saint-Père vers Paris comme un simple aumônier que son maître appelle pour dire la messe.
Je ne parlerai point de tout ce que le Pape eut à souffrir dans la capitale par rapport au décorum ; je ne dirai pas la manière dont Napoléon se présenta à Sa Sainteté à Fontainebleau. Il allait à la chasse où il en revenait avec une meute de cinquante chiens. Je ne dirai pas non plus l’entrée nocturne et silencieuse dans Paris, pour cacher aux yeux de tous l’Empereur à la gauche du Pape ; il était forcé de laisser la droite au Saint-Père, puisqu’il se trouvait dans sa propre voiture. Je tairai encore comment et pourquoi, le jour du sacre, Napoléon fit attendre Sa Sainteté une heure et demie, assise sur le trône auprès de l’autel ; comment se passa cette cérémonie elle-même, si différente de tout ce qui avait été réglé et convenu ; je ne dirai pas que l’Empereur se couronna lui-même, après avoir brusquement saisi la couronne sur l’autel, avant même que le Pape étendit la main pour la prendre ; je ne dirai pas qu’au dîner impérial de ce jour, donné en présence de tous les grands corps de l’État, on mit le pontife au troisième rang à la table où se trouvaient l’Empereur, l’Impératrice et le prince électeur de Ratisbonne […]. Enfin je tairai les humiliations dont Pie VII fut abreuvé pendant tout le temps de ce douloureux séjour. »

Mémoires du cardinal Consalvi, secrétaire d’État du pape Pie VII, Paris, Plon, 1864, pp. 402-404, cité par C. Beyeler, Le Pape et l’Empereur, p. 91.

Les Mémoires du Baron Fain offrent un témoignage exceptionnel sur le quotidien de Napoléon. Dans ces extraits, il est d’abord question du travail dans le cabinet Topographique des Tuileries (une pièce similaire se trouve à Fontainebleau dans les Petits Appartements), en présence de Bacler d’Albe. Le deuxième extrait évoque la tente de l’Empereur sur le champ de bataille, comme celle que l’on peut voir dans le musée Napoléon Ier.

« L’Empereur appelait son bureau topographique une pièce accessoire où se trouvait une table de la plus grande dimension et sur laquelle on développait les cartes et les plans ; à Paris, dans les dernières années, cette vaste table remplissait le milieu de la pièce que l’Empereur traversait pour aller de sa chambre à coucher dans son cabinet. Dans les palais de Saint-Cloud, Compiègne, Rambouillet et Fontainebleau, dans les voyages comme dans les campagnes, le bureau topographique était toujours à proximité.
[…] On appelait d’Albe* quand l’Empereur voulait lire des dépêches sur la carte ; celui-ci indiquait, par des épingles à têtes rouges ou noires, les emplacements occupés par nos troupes et par l’ennemi ; il faisait ensuite ressortir par des nuances coloriées les signes de rivières, de montagnes ou de frontières qui importaient le plus à la question ; enfin il préparait les calculs de la distance, mettait l’échelle en évidence et ouvrait le compas à côté.
Les dépêches étant appliquées sur la carte, l’Empereur venait en prendre connaissance. D’Albe lui en faisait un rapport sommaire ; l’Empereur le suivait du doigt et faisait marcher le compas à travers les épingles ; souvent la grande dimension des cartes forçait l’Empereur à s’étendre de tout son long sur la table, et d’Albe d’y monter aussitôt pour rester maître de son terrain je les ai vus plus d’une fois étendus tous deux sur cette grande table et s’interrompant par une brusque exclamation, au plus fort de leur travail, quand la tête de l’un venait à heurter trop rudement la tête de l’autre. Cette posture ne serait que grotesque, si, dans ce moment même, on ne se représentait l’Empereur planant comme l’aigle sur les plaines éloignées où ses lieutenants manœuvraient, à perte de vue pour tout autre que pour lui. »

Baron Fain, Mémoires, Paris, Arlea, 2001, pp. 28-29
* Bacler d’Albe était chef du bureau topographique.


« Les tentes étaient d’une toile de coutil rayé blanc et bleu, bordée d’une frange de laine rouge. Le logement personnel de l’Empereur employait deux toiles formant deux pièces qui donnaient l’une dans l’autre.
La première pièce était le cabinet ; elle était meublée d’une petite table à écrire, d’un fauteuil de maroquin rouge pour l’Empereur et de deux tabourets pour le secrétaire et l’aide de camp de service ; la table et les sièges étaient pliants. La seconde pièce servait de chambre à coucher : on y dressait le petit lit de fer à fond sanglé ; des rideaux de soie d’un gros vert l’enveloppaient comme une grande barcelonnette. Le tapis de pied de la calèche servait de descente de lit, et le nécessaire de voyage complétait l’ameublement.
L’enveloppe de l’édifice était double, je veux dire que la tente se composait d’une toile extérieure qui se tendait sur des piquets, et une seconde en dessous qui formait la cloison intérieure. L’intervalle entre ces deux toiles devenait une espèce de corridor de service et de magasin où se tenaient habituellement le valet de chambre et le mameluck, et où l’on retirait pendant le jour les porte-manteaux, les matelas et les enveloppes de l’équipage des tentes. La nuit, quand l’Empereur s’était jeté sur son lit, on entrait deux coussins dans la première pièce, et l’aide ce camp et le secrétaire appelaient cela leur lit.
Les toiles, les petits meubles, le lit de fer, les matelas, tout se repliait, s’enveloppait dans des rouleaux de cuir et, porté à dos de mulet, suivait les mouvements du premier service. Il y avait un équipage semblable au second service et, je crois, un troisième en réserve avec les gros bagages. Il y avait un mulet à part pour le transport du lit.
[…] Les valets de pied de la maison faisaient le service de la tente avec une grande dextérité ; ils l’a dressaient en moins d’une demi-heure, quoique ce fût presque toujours à la nuit close. […] [Fain en vient ensuite à raconter cette anecdote : C]’était le soir d’une grande bataille ; la tente s’était longtemps fait attendre ; elle était à peine dressée que je m’étais déjà glissé sous les toiles, et dans l’accablement du sommeil qui me poursuivait, j’avais cru m’endormir sur quelque porte-manteau des équipages : qu’on juge de mon réveil ! L’oreiller de la nuit n’était qu’un mort frais de la veille ! Horresco referens ! J’en frémis encore en le racontant. »

Baron Fain, Mémoires, Paris, Arlea, pp.188-189.

La présence de la cour impériale est l’occasion pour les commerçants bellifontains d’engranger de substantiels profits en augmentant très fortement les prix… Napoléon décide de mettre un terme à ces abus. C’est ce que rapporte Constant, valet de chambre de l’Empereur.

« Lorsque la cour séjournait à Fontainebleau, les habitants se dédommageaient amplement des longues absences de Sa Majesté par le prix élevé qu’ils mettaient aux objets de consommation. Leurs profits étaient alors de scandaleuses curées, et plus d’un étranger, faisant une excursion à Fontainebleau, à dû se croire tenu à rançon par une troupe de Bédouins. Durant le séjour de la cour, un mauvais lit de sangle, dans une mauvaise auberge, se payait douze francs pour une seule nuit ; le moindre repas coûtait un prix fou, et encore était-il détestable ; c’était, enfin, un vrai pillage exercé sur les voyageurs. […] Mais un abus aussi révoltant vint aux oreilles de l’Empereur, qui s’en mit fort en colère, et ordonna qu’il serait fait sur-le-champ un tarif portant une fixation de prix, dont il fut défendu aux aubergistes de s’écarter. Cette mesure mit un terme aux exactions des sangsues de Fontainebleau. »

Mémoires intimes de Napoléon Ier par Constant son valet de chambre, Mercure de France, Le Temps retrouvé, Tome I, p 436.

Bibliographie

La bibliographie de Napoléon Ier

 

CASTELOT (André), L’Aiglon, Paris, Perrin, 1995, 498 p.
L’auteur bien connu présente de façon romancée mais documentée l’histoire du fils de Napoléon Ier : sa position d’héritier sous le Premier Empire, sa situation complexe à Vienne une fois l’Empereur déchu. Il insiste également sur la légende de l’Aiglon.

COSSERON (Serge), Les mensonges de Napoléon, Paris, Perrin, 2002, 210 p.
Cet historien essaye au cours des chapitres de revenir à partir d’exemples précis sur un certain nombre de pré-requis sur l’Empire. Il aborde notamment la propagande, l’utilisation de l’art et des artistes, l’aspect policier du régime, la fabrication de son propre mythe.

L’ABCdaire de Napoléon et l’Empire, Paris, Flammarion, 1998, 120 p.
Longue présentation en trois temps : la carrière de Napoléon Bonaparte et son entourage, le chef de guerre, le système napoléonien organisé autour de l’administration et des arts. Cette introduction est ensuite complétée par des témoignages et surtout un dictionnaire permettant d’accéder immédiatement à l’information.

LENTZ (Thierry), Le Sacre de Napoléon, Paris, Nouveau Monde édition, 2003, 192 p.
Tout ce qu’il faut savoir sur le Sacre, notamment la place de David, les symboles, le déroulement, les enjeux de la cérémonie…

LENTZ (Thierry), Napoléon, Paris, « Découvertes Gallimard  », 2005, 159 p.
Ouvrage général qui aborde tous les aspects du personnage et de la période qui offre de belles et nombreuses illustrations et de nombreux témoignages.

TULARD (Jean), Napoléon ou le mythe du sauveur, Paris, Fayard, 1980, 2e éd., 496 p.
Biographie incontournable par le grand spécialiste de la période qui dresse un portrait détaillé et critique de Napoléon Ier.

BLOND (Georges), La Grande Armée, Paris, Robert Laffont, 1979, 585 p.
L’auteur présente à partir de différents témoignages la vie quotidienne des soldats engagés sous le drapeau français pendant l’Empire. Embrassant tout à la fois les batailles, les prisonniers, le service de santé, Georges Blond permet de mieux comprendre la vie difficile du soldat en campagne.

MASSON (Philippe), Les grandes batailles de Napoléon (1796-1815), Paris, Tallandier, 1998, 223 p.
Ce livre de poche offre l’avantage de décrire rapidement les grandes batailles napoléoniennes mais surtout d’évoquer l’originalité stratégique et tactique de Napoléon qui lui a permis de dominer une partie de l’Europe.

PIGEARD (Alain), L’armée de Napoléon, Paris, Tallandier, 2000, 366 p.
Spécialiste des campagnes militaires et de la vie quotidienne aux armées, l’auteur fait le point de la recherche sur un des aspects majeurs de la période napoléonienne : organisation de l’armée, fonctionnement…

CHEVALLIER (Bernard), L’art de vivre au temps de Joséphine, Paris, Flammarion, 198, 191 p.
Ce livre abondamment illustré présentant les règles d’usage et les activités des princes et des élites tout au long d’une journée.

JOANNIS (Claudette), PINCEMAILLE (Christophe), Jouets de prince, 1770-1870, Paris, Réunion des musées nationaux, 2001, 180 p.
Cet abondant catalogue des objets princiers débute par une présentation très complète expliquant la place de l’héritier, ses rapports avec ses parents et son entourage, l’éducation reçue, la provenance des jouets…

MASSON (Frédéric), Napoléon intime, Paris, Tallandier, 288 p.
Réédition récente, ce livre présente une journée type de l’Empereur aux Tuileries en donnant de très nombreux détails et des anecdotes (étiquette, repas, travail, loisir, vêtement).

CARLIER (Yves), DROGUET (Vincent), LEFEBURE (Amaury), VERON-DENISE Danièle, Album Napoléon à Fontainebleau, Paris, Réunion des musées nationaux, 2003, 127 pages.
Le bilan le plus récent et le plus documenté présentant les liens entre l’Empereur et le château. La vie quotidienne du palais est présentée ainsi que les objets encore conservés dans le château et le musée napoléonien.

TERRASSE (Charles), Napoléon à Fontainebleau, Naturellement, 1952.
Bien qu’ancien, ce livre retrace en détail les faits et geste de l’Empereur à Fontainebleau ainsi que l’importance que revêt ce palais pour le régime.

BEYELER (Christophe) (dir.), Le Pape et l’Empereur. La réception de Pie VII par Napoléon à Fontainebleau 25-28 novembre 1804, 96 p.
Publié à l’occasion de l’exposition « Le Pape et l’Empereur » au château de Fontainebleau en 2004-2005, ce livre présente en détail la rencontre et les objets qui y sont liés. Le tableau par Demarne et Dunouy de La rencontre est ensuite analysé dans ses enjeux picturaux et symboliques.

BEYELER (Christophe), BERTHOD (Bernard), DEVAUGES (Jean-Denys), Thomas-Derevoge (Philippe) : « Voiture, monture et vêture en forêt de Fontainebleau. Trois éclairages sur une œuvre campant le Pape et l’Empereur affrontés », Revue du Souvenir napoléonien, numéro spécial consacré aux rapports entre Église et État, automne 2007. Le point sur des aspects techniques décrits avec minutie.

Imperial Glory
Incarnez le dirigeant d’un des principaux états européens sous le Premier Empire et maîtrisez tous les aspects du pouvoir : commerce, économie, diplomatie, guerre.

L’Oricou, enquête à Paris sous l’Empire
Sur les traces d’un criminel, visite imagée du Paris impérial.

Napoléon, le soleil d’Austerlitz,
Film documentaire retraçant la bataille avec des reconstitutions et des commentaires, livret de 80 pages .

ANGELO (Yves), Le colonel Chabert, 1994.
Présumé mort au champs d’honneur, un officier rentre dans ses foyers et tente de faire valoir ses droits mais sa femme ne l’entend pas ainsi. Les difficultés des officiers mis en demi-solde après le Premier Empire sont ainsi démontrées par F. Luchini et G. Depardieu.

SCOTT (Ridley), Duellistes, 1979.
Inspiré d’une histoire vraie, les duels de deux officiers de cavalerie tout au long de l’Empire pour une question d’honneur. Des uniformes minutieusement reconstitués et une démonstration par l’image de la chronologie des conquêtes impériales.

VIDOR (King), Guerre et paix, 1956.
Inspiré de l’ouvrage de Tolstoï, une évocation grandiose de la campagne de Russie.

GOEPFERT (Brice) ARNOUX (Eric) Napoléon : Austerlitz et Waterloo, Paris, Larousse, 48 p.
L’histoire de ces deux batailles racontées en image avec des cartes et un rappel du contexte.

FAURE (Michel) VAXELAIRE (Michel) Les Fils de l’Aigle (10 volumes)

BOUDON (Jacques-Olivier), Histoire du Consulat et de l’Empire, Paris, Perrin, 2000.
Il s’agit d’un livre qui peut être utile pour fixer le cadre chronologique, les enjeux de la période et mettre en relief la place essentielle de Napoléon Bonaparte dans son époque.

CHAPPET (Alain), MARTIN (Roger), PIGEARD (Alain), Le guide Napoléon. 4000 lieux pour revivre l’épopée, Paris, Tallandier, 2005, 974 p.
Guide qui offre l’avantage de lister les sites à ne pas oublier, à voir ou à visiter en France et à l’étranger. C’est un ouvrage particulièrement utile pour préparer la visite d’un site connu ou faire découvrir aux élèves un détail méconnu. Il détaille les personnages, le contexte…

GRIFFE (Maurice), La Révolution et l’Empire 1789-1815, Paris, TSH, 2004, 40 p.
Souvent présent dans les BCD ou CDI, cet ouvrage est un outil pour les élèves grâce à sa présentation chronologique et illustrée. Il est également utile pour les cartes et les documents de référence qu’il présente.

TULARD (Jean), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 2e éd., 1999, 2 vol., 2000 p.
Ouvrage de référence permettant d’avoir des réponses claires et concises pour toutes les questions concernant le Premier Empire.

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Entrée libre et gratuite au château du 1er au 6 juillet inclus.

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