Fontainebleau au Siècle des Lumières

Au XVIIIe siècle, Fontainebleau demeura ce château dans lequel se déroulèrent les séjours de chasse et les réjouissances d’une cour plus intime et détendue. Le roi Louis XV, resté très fidèle à la maison de ses ancêtres, organisait chaque automne à Fontainebleau, un fastueux opéra du pouvoir, une saison des plaisirs où s’enchaînaient créations musicales, théâtrales et chasses épiques. L’intendant des Menus Plaisirs du roi, Papillon de La Ferté, était le grand orchestrateur des réjouissances de Fontainebleau : les opéras La Fée Urgèle, Eglé, Palmyre, ou Zémire et Azor de Grétry, ressuscitaient la féérie qui avait tant enchanté François Ier dans cette vallée forestière. Mais si le Fontainebleau de Louis XV fut un havre de toutes les joies, château de ses noces avec Marie Lesczinska le 5 septembre 1725, il fut aussi celui de peines douloureuses et de grands projets architecturaux avortés…

Le mariage de Louis XV dans la chapelle de la Trinité

Un mariage royal

En 1724, au cours du premier séjour qu’entreprit le jeune roi – avec l’infante Marie-Anne-Victoire – commencèrent les travaux d’aménagement d’un nouveau théâtre, dans l’aile de la Belle-Cheminée, inaugurant un règne de divertissements, d’opéras et de plaisirs.

Le roi, âgé de 15 ans, revint l’année suivante à Fontainebleau pour y épouser la princesse polonaise Marie Lesczinska, son aînée de 6 ans. Le 5 septembre 1725 eut donc lieu l’unique mariage royal célébré au château. Les mémorialistes rapportèrent que la reine, « parée comme une chasse », manqua s’évanouir sous le poids de ses ornements sertis des joyaux de la couronne. Un festin fut donné dans son antichambre, des comédies de Molière, un souper dans la salle de Bal. Les trois jours de festivités ordonnées, auxquelles assista le jeune Voltaire, s’achevèrent par un feu d’artifice. Les cérémonies de ce mariage, célébré dans la chapelle de la Trinité, constituèrent sans nul doute l’événement le plus important du XVIIIe siècle à Fontainebleau. La même année, cinq Indiens d’Amérique furent reçus par Louis XV à Fontainebleau, charmés d’y découvrir « la cabane du grand chef des Français ». L’opéra des Indes Galantes, de Jean-Philippe Rameau, semblait résonner avec la douceur charmante de cet heureux séjour de Louis XV : « Forêts paisibles, jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs ».

Fontainebleau resterait pour « le beau roi » le château de ses noces heureuses. Il était appelé à y revenir presque tous les automnes de son long règne, afin d’y assouvir sa passion pour la chasse. Son intérêt pour la demeure royale se signala notamment, dans les décennies qui suivirent, par le « grand projet » de redessiner et d’harmoniser ce grand ensemble architectural en apparence disparate et de lui offrir un visage classique plus conforme au goût du temps…

Jean Baptiste Oudry (1686-1755) - Cerf aux abois dans les rochers de Franchard, forêt de Fontainebleau
fontainebleau

Le « Grand dessein » de Jacques-Ange Gabriel

Le règne de Louis XV fut celui du dernier grand projet architectural d’ampleur pour le château : le « grand dessein » d’Ange-Jacques Gabriel. Persuadés de la supériorité de l’esthétique de leur temps, Louis XV et ses architectes tentèrent d’imprimer l’élégance, la noblesse et le bon goût du classicisme français à cette antique demeure au foisonnement architectural parfois déroutant. Si le grand projet de reconstruction de la cour du Cheval Blanc et de déplacement des appartements royaux ne vit pas le jour, les grands travaux entrepris sous Louis XV répondaient à ce dessein.

Dans la cour de la Fontaine, l’élévation d’un Gros Pavillon carré d’esthétique classique, doté d’un bel étage, d’un attique scandé de pilastres et d’un avant-corps (1750), se substitua aux petits pavillons de François Ier. Les projets de dupliquer ce modèle de Pavillon aux angles de la cour du Cheval Blanc, ainsi que de créer une façade d’entrée noble et classique à la cour, ne virent pas le jour. Seule l’aile de la galerie d’Ulysse qui abritait à son étage, depuis le XVIe siècle, le chef d’œuvre de Primatice et de Nicolo Dell Abbate, fit les frais de ces remaniements et fut impitoyablement abattue dès 1738. Sur ses décombres, on éleva une « aile neuve des princes », actuelle aile Louis XV, destinée à recevoir 43 logements. Au spectacle des maçons démolissant la célèbre galerie de la Renaissance, le comte Algarotti déplora la disparition des peintures du XVIe siècle « à la fraîcheur, au relief et à la force de coloris » qui avaient frappé l’imagination des plus grands artistes européens. Le prétendu « vandalisme » de Louis XV à Fontainebleau est pourtant à relativiser : ailleurs dans le château, Ange-Jacques Gabriel sut se montrer admirablement respectueux des créations de la Renaissance, et l’édification d’un nouvel escalier du roi pour accéder à ses appartements par la cour Ovale, fut menée en harmonie avec l’ancienne chambre de la duchesse d’Etampes, dont on laissa survivre en grande partie les décors de Primatice…

Joies et peines de Louis XV à Fontainebleau

Tout au long du XVIIIe siècle, la vie de cour à Fontainebleau, connut une apogée que justifie pleinement la célèbre phrase de Talleyrand à Guizot : « Qui n’a pas vécu dans les années voisines de 1789, ne sait pas ce que c’est que la douceur de vivre ». Théâtre de la monarchie, Fontainebleau brilla de multiples réjouissances. Chasses, promenades, jeu et spectacles rythmèrent les séjours de la Cour, si bien que le célèbre aventurier vénitien, Giacomo Casanova, découvrant les fastes et les joies de cette riviera royale, nota : « Louis XV se faisait suivre par les comédiens français et italiens et par ses acteurs et actrices de l’Opéra. Pendant ces six semaines, Fontainebleau était beaucoup plus brillant que Versailles ». Ainsi, la première représentation du Devin du village de Jean-Jacques Rousseau eut lieu en présence de son auteur, le 18 octobre 1752. En 1754, la salle de théâtre fut rénovée. Elle participa des grands travaux d’embellissement et de mise au goût du jour des décors du château. En 1763, on redonna Rameau, avec Dardanus, Castor et Pollux. Créé à Fontainebleau le 9 novembre 1771, la comédie de Grétry, Zémire et Azor, emporta un immense succès.

L’Allégorie à la mort du dauphin de Louis Lagrenée

Si le château de Louis XV nous laisse, aujourd’hui, le souvenir d’un splendide château des Lumières, vibrant de musique et d’opéras, il fut également le théâtre d’une tragédie intime pour le souverain. En décembre 1765, le séjour de Fontainebleau dut être prolongé : le Dauphin Louis, âgé de 36 ans et souffrant de fièvres depuis plusieurs mois, rendit l’âme le 20 décembre dans son appartement de la cour Ovale. Celui qui aurait dû être Louis XVI laissait derrière lui trois orphelins, appelés à devenir les trois derniers rois de France : Louis XVI, Louis XVIII, Charles X…

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Le château

Le château est ouvert tous les jours, sauf le mardi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.

D’octobre à mars: 9h30 à 17h00 (dernier accès à 16h15).

D’avril à septembre: 9h30 à 18h00 (dernier accès à 17h15).

Ouverture exceptionnelle du château le 14 juillet !

Le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans, sous peine d'exclusion.

Il n'est pas nécessaire de réserver de créneau de visite pour le château ni pour les jardins.

Le circuit de visite est entièrement accessible, à l'exception du musée Napoléon Ier, de la salle de Bal et du musée Chinois. La cour Ovale est exceptionnellement ouverte.

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