150 ans de République

« Je voudrais que tous les Français fissent le pèlerinage à Fontainebleau. Ils y apprendraient à respecter, à admirer, à aimer l’ancienne France, qui a enfanté ces prodiges ». En 1889, en pleine IIIe République, Anatole France fit l’éloge du palais « dont les souvenirs marquent la continuité de l’esprit français à travers tous les régimes ». Devenu palais national à la chute du Second Empire, Fontainebleau abrita les séjours d’automne du président de la IIIe République. Il faudra attendre 1927 pour que le palais national devienne château-musée en charge de conserver « pour l’éternité », les vestiges de l’Histoire. Deux guerres mondiales, la douloureuse décolonisation, la guerre froide et l’espoir de la construction européenne allaient cependant écrire les dernières grandes pages historiques du palais de François Ier. Et si ses derniers chefs d’état furent le Général de Gaulle ou François Mitterrand, sa tradition d’école artistique resta vivace. Les derniers élèves de cette « école de Fontainebleau » eurent pour nom : Pablo Picasso, André Malraux, Astor Piazzolla ou Léonard Bernstein. Le château restait, avant tout, une source d’inspiration. Peut-être la discrète source de la « fontaine Belle Eau » qui présida, depuis ses origines médiévales, aux destinées du monument…

Fumoir Carnot-Château de Fontainebleau © Angeline Hervy
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Palais des Beaux-Arts

À l’avènement de la IIIe République, l’ancien palais impérial devint palais national. Le locataire suivant fut, en 1888, le président de la République, Sadi Carnot, qui devait passer, presque chaque automne, ses villégiatures à Fontainebleau. Le protocole républicain remplaça l’ancienne Étiquette pour régler le fonctionnement des séjours et les dispositions des appartements. Dans la continuité des villégiatures du Second Empire, ceux-ci furent installés dans l’aile Louis XV, remeublée en style Empire pour accueillir Monsieur et Madame.

Les artistes restèrent, eux aussi, fidèles au « château de François Ier », celui-ci poursuivant son destin de « capitale des Beaux-Arts ». Entre mai et octobre 1921, Picasso fit un séjour prolifique à Fontainebleau. Les Trois femmes à la fontaine inauguraient la période néoclassique d’un peintre se laissant librement inspirer par le fameux thème de la Nymphe de Fontainebleau, qui avait été traité avec éclat par Rosso ou Cellini au XVIe siècle. Picasso y explora aussi un cubisme tardif comme dans son tableau Trois Musiciens

Ce même été 1921, il s’agissait bien de musique au château ! La première session du Conservatoire américain de Fontainebleau, dans les rangs de laquelle se trouvait Aaron Copland, se tint au château. Le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts établit cette atypique « école des hautes études musicales » dans l’aile Louis XV. Dirigée initialement par Charles-Marie Widor et Francis Casadesus, elle mettait des étudiants exclusivement américains au contact du meilleur de l’enseignement musical français. Se rassemblant tous les étés depuis 1921, son rayonnement fut marqué par l’enseignement de Nadia Boulanger et eut, comme élèves de renom, Astor Piazzolla, Quincy Jones, Philipp Glass ou Léonard Bernstein. En 1923, le conservatoire fut complété d’une école des Beaux-Arts dispensant ses ateliers de peinture, de nu, d’architecture et de fresques dans l’écrin Renaissance de l’aile de la Belle-cheminée, restaurée grâce au mécénat de Rockefeller.

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L’Histoire toujours

Le château fut confronté aux deux guerres mondiales. En 1914, à l’approche allemande, il fut vidé d’une grande partie de ses meubles, avant de devenir un hôpital militaire en 1915, accueillant plus de mille blessés français et parfois allemands. Son jeu de Paume fut alors aménagé en salle de mécanothérapie pour la rééducation des blessés. Durant la seconde guerre mondiale, il fut le siège d’un commandement local des forces allemandes occupantes. En 1940 et 1941, l’architecte Albert Bray s’imposa en vigilant gardien du monument, se battant pour que les occupants ne pêchent pas les carpes de l’étang ou qu’ils n’abîment pas les décors lors des fastueuses réceptions organisées dans la salle de bal ou le théâtre de Napoléon III.

Le château traversa aussi les prémisses de la décolonisation. Du 6 juillet au 10 septembre 1946, le sommet franco-vietnamien fut mené en ses murs, et particulièrement en salle des Colonnes. Hô Chi Minh y fut traité en homme d’État. Les désaccords furent suffisamment nombreux entre les deux camps pour conclure la « Conférence de Fontainebleau » sur un échec : la guerre d’Indochine éclata donc en fin d’année 1946.

La guerre froide fut aussi présente : en avril 1949, la création de l’OTAN, scellant une alliance militaire entre les Etats-Unis et les pays d’Europe occidentale, eut pour conséquence la création d’une structure militaire d’importance à Fontainebleau : le général Alphonse Juin installa son état-major dans la cour des Offices du château. Le général Lauris Norstad prit ses marques dans un quartier flambant neuf à la lisière d’Avon : le camp Guynemer.

La construction européenne, enfin, écrivit l’une de ses pages historiques au château, les 25 et 26 juin 1984 : le Conseil des dix chefs d’Etat liés par la Communauté Economique Européenne y envisagea l’idée d’une Europe des citoyens. De François Ier qui reçut Charles Quint en 1539 à François Mitterrand qui y invita ses homologues pour construire une nouvelle forme d’union continentale, l’histoire et la stratégie politique restèrent toujours au rendez-vous. ​

Un musée pour l’avenir

C’est en 1927 que fut juridiquement créé le château-musée de Fontainebleau, ayant la vocation de conserver, « pour l’éternité », les vestiges et les sédiments que l’Histoire y déposa. Ouvert au public par les soins d’une « brigade », son entrée s’est d’abord faite par l’escalier-en-fer-à-cheval, jusqu’à l’inauguration du musée Napoléon Ier en 1986, offrant aux visiteurs une entrée et une circulation nouvelles par l’aile Louis XV.
Le château-musée bénéficia de deux grands programmes de restauration et de modernisation: la loi-programme Malraux entre 1964 et 1968, tout d’abord. André Malraux, ministre des Affaires culturelles du Général de Gaulle fit en effet de Fontainebleau l’un des chantiers-phares de son ministère. Les toitures furent remises en état, les façades ravalées, le chauffage central et l’électricité installés en 1964. Les grands décors de la Renaissance, comme la galerie François Ier ou la salle de bal, furent dé-restaurés des repeints à la cire du XIXe s, dans une quête d’authenticité des splendeurs nues de la Renaissance.

Depuis 2015, un investissement du Ministère de la Culture fait écho à cette loi-programme : le Schéma Directeur, relançant le « chantier sans fin » d’un château en éternelle lutte contre l’entropie. Prévu pour durer 12 ans, il se fixe pour objectif de sécuriser, embellir et enrichir la « maison des siècles » afin de prolonger son sillage vers les siècles à venir et de nouvelles histoires…

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Le château

Le château est ouvert tous les jours, sauf le mardi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.

D’octobre à mars : 9h30 à 17h00 (dernier accès à 16h15).

D’avril à septembre : 9h30 à 18h00 (dernier accès à 17h15).

 

Covid-19 : Conformément aux directives gouvernementales de lutte contre la propagation du virus, le château de Fontainebleau est fermé jusqu’à nouvel ordre.

Le parc et les jardins resteront ouverts, dans les conditions habituelles. En raison de travaux, la grille de Maintenon sera fermée jusqu’à nouvel ordre et le Grand Parterre sera inaccessible depuis la cour de la Fontaine pendant deux mois.

Pour des raisons de sécurité, la cour d’Honneur sera fermée à compter du vendredi 13 novembre, jusqu’à la fin du confinement.

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