De Louis XVI à la Révolution

Lors de leurs séjours assez courts à Fontainebleau, Louis XVI et Marie-Antoinette surent aménager, loin de la pompe de Versailles et de Trianon, des espaces d’isolement et d’évasion, plus intimes et modernes, répondant mieux au goût de l’époque. Si les deux boudoirs de Marie-Antoinette lui permettaient de « bouder » l’apparat de cour, l’appartement intérieur de Louis XVI, à l’étage et au rez-de-chaussée, correspondaient mieux au confort d’un souverain moderne. Les réaménagements de Fontainebleau furent mis en suspens lorsqu’éclata, en 1789, la Révolution française. Ainsi, le grand lit de la chambre de la reine, livré en 1787 pour Marie-Antoinette, dut attendre 17 ans avant qu’une première souveraine s’étende sous son dais richement orné. Et si le palais des rois de France fut, durant la Révolution française, la cible toute indiquée de projets de démolition, il ne dut sa survie qu’à l’installation de deux écoles dans ses salles vidées de leur mobilier. Délabré, le château ne fut mis à l’abri de toute destruction qu’en 1803, lors de la première visite de celui qui devait le rendre à sa raison d’être : Napoléon Bonaparte…

Le refuge de Marie-Antoinette

Louis XV et Gabriel disparurent sans que le « grand dessein » de reconstruction de la cour du Cheval blanc fût mené à bien. On y pensait encore sous Louis XVI, mais l’état des finances s’aggravant, le jeune roi balaya d’un revers de main le projet ruineux. Louis XVI préféra faire porter ses efforts sur l’agrandissement de ses appartements, et l’aménagement d’espaces d’intimité et de commodités dans le goût de l’époque.

Pour ce, on doubla, au nord, l’aile de la galerie François Ier et l’on aménagea pour le roi un appartement intérieur de sept pièces où furent agencés sa bibliothèque, sa chambre des Bains, son cabinet de toilette et son cabinet à poudre. La jeune reine Marie-Antoinette profita de ces aménagements gracieux. À l’automne 1777, on vint fêter à Fontainebleau les 22 ans de la souveraine, et le cadeau qui lui fut offert dépassa ses espérances. Au deuxième étage de ses appartements, les frères Rousseau lui avaient installé de nouveaux cabinets au goût du jour, espaces de perfection technique et de modernité qui tranchaient avec le décor désuet et pompeux des appartements.

La reine y disposait enfin d’un « boudoir » lui permettant de « bouder » le protocole et de se retirer dans un petit cabinet « meublé dans le goût oriental, et éclairé, le soir, par des lampes placées dans une garde-robe séparée du cabinet par une grande glace » (comte d’Hézecques). Ce boudoir « turc », orné d’arabesques, de peintures orientalisantes et de lambris aux colorations exotiques, recelait un raffinement qui n’échappa pas aux contemporains.

Les aménagements de Fontainebleau, château d’isolement, d’évasion et de rêve pour le couple royal, coururent jusque dans les années 1786 et 1787 : le dernier voyage à Fontainebleau de l’Ancien Régime eut lieu du 9 octobre au 16 novembre 1786. Il offrit aux souverains l’occasion de découvrir les nouveaux aménagements qu’ils avaient ordonnés l’automne précédent – en particulier le boudoir d’argent de la reine, au premier étage. Louis XVI et Marie-Antoinette ne revinrent jamais à Fontainebleau, et la reine ne put contempler le somptueux lit d’apparat qui fut livré pour sa chambre en 1787 : le royaume était en grave crise économique et la Révolution française éclata, l’été 1789, dans le ciel gracieux du XVIIIe siècle…

Un château à l’épreuve de la Révolution

Que devint la « maison de légitimité » des rois capétiens dans les orages révolutionnaires ? Les premières années de la Révolution, Louis XVI était encore roi et Fontainebleau conserva son statut de maison royale. Le 14 juillet 1790, on éleva, sur la place d’armes, un obélisque surmonté d’un bonnet de la Liberté, en l’honneur du « roi-citoyen ». En 1792, suite à la prise des Tuileries et à l’emprisonnement de la famille royale, la ville et le château durent se républicaniser. L’étang fut vidé de ses carpes, une grande partie du mobilier vendu, le chenil démoli. L’architecte de la municipalité, Saulgeot, médita une transformation du château en lotissement fondu dans la ville.

En 1793, en l’honneur des mânes de Marat, un autodafé d’effigies royales arrachées à ses salles eut lieu « place de la Montagne », afin de « dévorer tout ce fatras de rois et de reines ridiculement chamarrés de fleurs de lys » (citoyenne Marcelin) : un portrait de Louis XIII, chef-d’œuvre de Philippe de Champaigne, disparut ainsi dans les flammes. Mais si le château subsista, c’est qu’on lui trouva une utilité révolutionnaire tolérant sa survie : en 1796, le monument devint le local de l’école centrale de Seine-et-Marne, en charge de délivrer un enseignement pour des élèves de 12 à 18 ans. Le château restait pourtant menacé : le receveur du domaine « national », Adam, fut le gardien vigilant de ce « monument, un des plus beaux morceaux de l’Europe », et ne cessa de dénoncer les « spéculateurs avides et intrigants, toujours prêts à dévorer la substance nationale ». En 1803, le monument allait recevoir la première visite de celui qui devait le mettre à l’abri de toute destruction : Napoléon.

La première visite de Napoléon à Fontainebleau

À la chute de la monarchie, l’aile Louis XV de la cour du Cheval-blanc devint le siège d’écoles d’excellence et d’élite. En 1803, elle hébergea les bureaux de l’école militaire spéciale de Fontainebleau, « destinée à enseigner à une portion des élèves sortis des lycées les éléments de l’art de la guerre » (loi du 11 floréal an X). Cette École spéciale commença à fonctionner en juin 1803, accueillant des jeunes gens de 16 à 18 ans pour une formation de 2 ans, alliant instruction générale et instruction militaire. Seize heures d’occupation par jour et des conditions de vie spartiates visaient à la formation de soldats d’élite.

C’était sur la demande du premier Consul, Napoléon Bonaparte, que cette école avait été créée sur le modèle de l’ancienne École royale militaire de Paris. Le nouveau maître de la France vint visiter l’école militaire de Fontainebleau dès 1803, et découvrit pour la première fois l’ancienne demeure des rois de France qui se trouvait alors « dans un état de dégradation et d’abandon extraordinaire » (l’architecte Fontaine). Lorsqu’il devint l’empereur Napoléon Ier et qu’il rendit progressivement le monument à sa nature de palais, il fit déménager, en 1808, l’École spéciale dans l’ancienne maison d’éducation fondée par madame de Maintenon à Saint-Cyr. L’École militaire spéciale de Saint-Cyr s’y trouve toujours, formant les officiers de l’armée de terre et une partie des officiers de la gendarmerie française.

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Le château

Le château est ouvert tous les jours, sauf le mardi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.

D’octobre à mars : 9h30 à 17h00 (dernier accès à 16h15).

D’avril à septembre : 9h30 à 18h00 (dernier accès à 17h15).

 

Le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans, dans le château et les jardins, sous peine d'exclusion.

Il n'est pas nécessaire de réserver de créneau de visite pour le château, ni pour les jardins.

Le circuit de visite est entièrement accessible, à l'exception de la salle de Bal et du musée Chinois. La cour Ovale est exceptionnellement ouverte.

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