Le château du « Roi Soleil »

Il est tout-à-fait naturel d’associer Louis XIV au château de Versailles, où la cour s’installa dès 1682. Versailles sera, pour Louis XIV, ce que Fontainebleau avait été pour François Ier. Mais la création du splendide palais d’ors et de glaces ne laissa pas l’ancienne résidence bellifontaine sur le bas-côté du règne. Dès 1661, c’est à Fontainebleau que le jeune Louis XIV rôda son théâtre du pouvoir, décidant de l’arrestation du surintendant Nicolas Fouquet et s’entourant des principaux acteurs du « Grand Siècle » : Charles Le Brun, Lulli, Molière et Louis Le Vau y formèrent la cour artistique d’un jeune Roi Soleil en pleine affirmation. L’architecte-jardinier André Le Nôtre y fit ses débuts et sut imposer à Fontainebleau une clarification de l’espace avec la création d’un premier Grand Parterre de 14 hectares (1660 – 1664), reflet de la toute-puissance du roi et de la mise en forme de l’absolutisme. Après l’installation de la cour à Versailles, Fontainebleau resta le château de chasse d’un Roi Soleil qui vint y séjourner chaque automne de sa vie, y écrivant quelques-unes des grandes pages de son règne absolu…

Assassinat à Fontainebleau

En 1656, âgé de 18 ans, Louis XIV fit la rencontre de Christine de Suède, reine en exil qui avait sollicité l’autorisation de traverser la France. D’une apparence plutôt disgracieuse, « l’Amazone suédoise » fut comparée physiquement à « Fontainebleau, dont les bâtiments sont beaux et grands mais qui n’ont point de symétrie » (Madame de Motteville). Lorsque Christine de Suède revint en France l’année suivante, c’est tout naturellement à Fontainebleau, où la cour n’était pas, qu’on la contraignit à séjourner. C’est lors de ce séjour qu’elle fit commettre un crime retentissant dans la maison royale où elle était invitée : elle fit exécuter, dans la galerie des Cerfs du château, son ancien favori et grand écuyer, le marquis Monaldeschi, qu’elle soupçonnait de trahison.

Le 10 novembre 1657, le marquis fut convoqué par la reine et mis à mort par le capitaine des gardes de la souveraine et deux spadassins : « La galerie, rapporta la grande Mademoiselle, fut pleine de sang et, quoiqu’on l’ait fort lavée, il y en a toujours des marques ». Ce crime frappa les imaginations et souleva la colère d’un jeune Louis XIV qui n’avait pas encore appris à affirmer son autorité. Loin d’être une simple anecdote sanguinaire, l’assassinat de Monaldeschi travailla les imaginations : à la Révolution française, les partisans d’une destruction totale du château appelaient encore à laver la tâche de sang d’un innocent abattu par une reine despote.

Été 1661, la saison du pouvoir

Louis XIV ne tarda pas à imprimer sa marque sur sa maison royale de Fontainebleau. Son règne se distingua principalement par un souci de clarification des espaces dans les jardins. De 1660 à 1664, André Le Nôtre créa un Grand Parterre à la régularité classique, entraînant la disparition des « petits jardins » d’Henri IV.

C’est en effet à Fontainebleau, au cours de l’été 1661, que le jeune Roi-Soleil déploya ses premiers rayons. Dès le 20 avril 1661, le jeune roi de 23 ans décida d’y passer la plus belle moitié de l’année et d’y attendre la naissance de l’enfant porté par la reine Marie-Thérèse.

Ayant tout juste repris en mains les rênes du Royaume, le roi y dansa fin juillet « le ballet des saisons » de Lulli, admirable divertissement « le plus agréable qui ait jamais été, soit par le lieu où il se dansait, qui était le bord de l’étang, ou par l’invention qu’on avait trouvée de faire venir d’une allée le théâtre tout entier » (Madame de Lafayette). Le 17 août, Louis XIV s’absenta de Fontainebleau pour assister à la fameuse fête donnée à Vaux par le surintendant Fouquet, où resplendirent « la musique, les eaux, les lustres, les étoiles » (Jean de La Fontaine). C’est le 5 septembre, toujours à Fontainebleau, que le jeune roi donna l’ordre de faire arrêter le surintendant. Le 1er novembre 1661, enfin, la reine Marie-Thérèse y accoucha d’un Dauphin.

En 1662, Louis Le Vau éleva, pour Louis XIV, un petit pavillon à pans sur l’étang aux carpes, dans la perspective du canal d’Henri IV, tandis que le peintre Charles Le Brun s’était attelé, dès la fin 1660, à la création d’une toile, Les reines de Perse au pied d’Alexandre, qui s’imposa en « manifeste » du classicisme français. Fontainebleau servit ainsi au Roi-Soleil de décor de majesté pour ses premières démonstrations de pouvoir : le 29 juillet 1664, le cardinal Chigi, légat du pape Alexandre VII, dut venir y présenter les excuses du souverain pontife à la suite de l’échauffourée survenue à Rome entre les gardes corses du pape et les domestiques de l’ambassadeur de France. C’est à l’occasion de cette visite que Molière reçut l’approbation du légat pour son Tartuffe.

Le château de l’absolutisme

Après l’installation de la cour à Versailles en 1682, Louis XIV instaura « le voyage à Fontainebleau », saisonnalisant les séjours bellifontains en automne. La cour, habillée plus chaudement qu’à Versailles, venait y assister à la traditionnelle Saint-Hubert. Palais automnal de plaisirs cynégétiques, la maison d’ancien lignage n’en resta pas moins un haut-lieu du pouvoir, où plusieurs événements marquants du règne eurent lieu. Entre l’automne 1690 et l’automne 1700, Jacques II Stuart, ex-roi d’Angleterre, y effectua dix séjours consécutifs à l’invitation du roi. Le 2 septembre 1679 fut signé le traité entre la France et la Suède d’une part, le Danemark et le duc de Holstein-Gottorp d’autre part. Le 5 novembre 1696 fut célébrée l’arrivée à la cour de Marie-Adélaïde de Savoie, future duchesse de Bourgogne et mère de Louis XV.

louis xiv

Mais l’événement bellifontain le plus marquant du règne se déroula le 18 octobre 1685. Par l’édit de Fontainebleau, le roi révoqua, sans sourcilier, l’édit de Nantes de 1598 par lequel Henri IV avait octroyé une certaine liberté de culte aux Protestants français. Cet édit obligea les Protestants à se convertir ou à quitter le royaume. Du 9 au 11 novembre 1700, enfin, le « vieux roi » tint plusieurs conseils dans l’appartement de sa seconde épouse, Madame de Maintenon, au premier étage de la Porte Dorée : il y prit la décision d’accepter le testament du roi d’Espagne faisant du duc d’Anjou, petit fils de Louis XIV, son héritier. Ce ne fut qu’au cours du séjour de 1712, du 21 au 24 août, que les négociations menées avec l’envoyé de la reine Anne, Lord Bolingbroke, organisèrent la paix entre la France et l’Angleterre et mirent fin à la guerre de succession d’Espagne. Ce sont encore les Bourbons, descendants de Louis XIV, qui règnent actuellement sur le trône d’Espagne…

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Le château

Le château est ouvert tous les jours, sauf le mardi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.

D’octobre à mars : 9h30 à 17h00 (dernier accès à 16h15).

D’avril à septembre : 9h30 à 18h00 (dernier accès à 17h15).

 

Le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans, dans le château et les jardins, sous peine d'exclusion.

Il n'est pas nécessaire de réserver de créneau de visite pour le château, ni pour les jardins.

Le circuit de visite est entièrement accessible, à l'exception de la salle de Bal et du musée Chinois. La cour Ovale est exceptionnellement ouverte.

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