Le palais de Napoléon Ier

Ce fut à Napoléon Bonaparte, devenu l’empereur Napoléon Ier, qu’incomba le redressement du palais après la Révolution française. Tombé lui aussi sous le charme de la « vraie demeure des rois, la maison des siècles », il fit remeubler cette « ruine » dès 1804 pour y accueillir le pape Pie VII, venu de Rome pour le sacrer Empereur des Français. De séjours en séjours, Napoléon s’enticha de cette « seconde résidence de campagne », dont les remeublements successifs devinrent d’autant plus somptueux que l’Empereur s’imposait en maître de l’Europe. Elevant une salle du trône, en 1808, au cœur d’un palais qui offrait une légitimité historique à son jeune pouvoir, il fit de Fontainebleau un lieu de séjours et de festivités, de décisions politiques stratégiques pour l’avenir de son Empire. Si Fontainebleau avait été le château de toutes les espérances du jeune souverain gravissant, en 1804, les marches du sacre, il fut, à l’autre bout du règne, celui de sa déchéance et de l’effondrement de l’Empire. En 1814, vaincu par la coalition de ses adversaires, le château fut son ultime refuge où il signa son abdication et prépara son départ pour l’île d’Elbe. Ainsi, s’il ne fallait retenir qu’une image du règne de Napoléon Ier, ne serait-ce pas celle de ses célèbres Adieux à sa garde, au pied de l’escalier en Fer-à-Cheval ?

1804 : renaissance du château

Au mois de mai 1804, le premier consul Napoléon Bonaparte fut déclaré Empereur des Français par décision enthousiaste du Sénat. Le 28 juin 1804, l’Empereur de trente-cinq ans vint visiter une deuxième fois le château en compagnie de l’architecte Pierre-François-Léonard Fontaine à qui il indiqua les premiers travaux à effectuer pour transformer le bâtiment en seconde résidence de campagne (après Saint-Cloud). Le palais était alors dans un état de délabrement impressionnant. La Révolution l’avait dépouillé de ses fenêtres, de ses miroirs, des plombs de ses toitures. À l’intérieur, le château était vidé de son mobilier. Seules subsistaient sur place deux consoles de la salle du Conseil, ainsi que le couronnement et le dosseret du lit de la reine…

Grille de la cour d'honneur- château de Fontainebleau (c) Sophie Lloyd

« Nous ferons quelque chose de cette ruine », décréta l’Empereur. Le sacre de Napoléon Ier ayant lieu le 2 décembre à Notre-Dame, il fut décidé de remeubler au plus vite Fontainebleau et de le restituer à sa raison d’être de résidence pour y accueillir en invité le pape Pie VII. En juin, par des achats en masse de lanternes, de bras de lumière, de flambeaux, l’Histoire se ralluma dans le château de François Ier. Dix-neuf jours suffirent pour convoyer l’ensemble d’un mobilier nouveau de Paris à Fontainebleau et remeubler 40 appartements de maître et 200 logements de suite. Si un mobilier moderne fut livré par la célèbre maison Jacob-Desmalter, une impression d’apparat d’Ancien Régime fut aussitôt recherchée : dans la chambre de l’Impératrice Joséphine, l’ancien lit de Marie-Antoinette – que la reine n’avait jamais connu – fut réinstallé pour la nouvelle souveraine.

Le 25 novembre 1804, Napoléon Ier accueillit, dans un palais rendu à son effervescence, le Pape Pie VII en provenance de Rome. Le 27, les deux souverains répétèrent la cérémonie du sacre au château, avant de partir pour Paris le 28. Gravissant les marches du pouvoir, Napoléon avait fait de Fontainebleau l’antichambre de son sacre. Il ne tarderait pas à se passionner pour cette « maison de légitimité » des anciens rois…

La maison « historique » de l’Empereur

Restaurateur de Fontainebleau, Napoléon Ier redressa le palais, tout en y positionnant son trône dans la longévité de l’Histoire de France. La galerie François Ier, devenue galerie de l’Empereur, se para des bustes d’illustres dirigeants politiques antiques ou contemporains (d’Alexandre le grand à Georges Washington), et sa terrasse fut reconstruite avec soin dans son état du XVIe siècle.

Le jardin de la reine, devenu jardin de Diane, ainsi que l’ancien jardin des Pins, furent redessinés selon un tracé à l’anglaise à la mode. Seule l’aile occidentale de la cour du Cheval-Blanc fut démolie en 1808 et remplacée par la grille d’honneur. Les autres bâtiments subirent peu de transformations, l’Empereur cherchant à légitimer son trône par le caractère historique du lieu.

Dans la continuité des rois d’Ancien Régime, Napoléon avait installé son appartement d’apparat au premier étage du palais. Ayant cependant peu de goût pour la pompe et les fastes, il dédaigna le décor de l’écrasante chambre royale, qui fut transformée en l’une des rares salles du trône de l’Empire dès 1808. Napoléon préféra que son appartement fut aménagé dans l’appartement intérieur de Louis XVI, plus adapté à la vie moderne et bourgeoise à laquelle il aspirait.

Le château étant rendu à sa raison d’être, les séjours de Napoléon Ier gagnèrent toujours plus en faste. Du 21 septembre au 16 novembre 1807, mille personnes étaient logées au château, quatre mille en ville. Le 28 septembre y fut signé le décret impérial organisant la cour des Comptes. Le 10 octobre fut ratifié un traité fixant les frontières entre l’Autriche et le royaume d’Italie. Le 27 octobre fut fomentée une alliance secrète avec l’Espagne visant à démanteler le Portugal.

Du 26 octobre au 14 novembre 1809, l’Empereur fit murer la communication de son petit appartement du rez-de-chaussée d’avec celui de Joséphine, avant de faire annoncer aux Tuileries son divorce officiel. L’année suivante, du 25 septembre au 16 novembre 1810, se déroula le séjour au cours duquel la nouvelle impératrice Marie-Louise, petite-nièce de Marie-Antoinette, découvrit le château. Sa grossesse fut solennellement annoncée dans la salle du trône.

Marie-Louise portant le roi de Rome à Napoléon Ier pendant le repas de l'empereur

1814, l’effondrement du Premier Empire à Fontainebleau

Alors que le pape Pie VII était arrêté et ses États saisis, le 19 juin 1812 marqua le début de la captivité du Pontife à Fontainebleau, dans l’ancien appartement des Reines-Mères (aujourd’hui l’appartement du Pape).

Le 19 janvier 1813, l’arrivée inopinée de l’Empereur et de l’Impératrice, de retour d’une chasse à Grosbois, précipita les choses. Le 25 janvier, l’Empereur obtint du Pape un concordat, « série d’articles devant servir de base à un arrangement définitif » entre les deux souverains. Pie VII ne quitta sa geôle dorée du château de Fontainebleau que l’année suivante, le 23 janvier 1814, alors que la France subissait une invasion des puissances alliées, et que l’Empire tremblait sur ses bases… 

Durant cette terrible Campagne de France, Napoléon tint tête aux coalisés mais plia finalement face au nombre. Le 30 mars, Paris capitula. Apprenant la nouvelle le 31 mars, Napoléon se réfugia à Fontainebleau. La vieille demeure historique allait servir de théâtre à l’effondrement de son régime.

Le 2 avril 1814, le Sénat vota la déchéance de Napoléon. Le 4 avril, reclus dans son appartement de Fontainebleau, Napoléon fut contraint d’abdiquer en faveur de son fils, le roi de Rome. Le 6 avril, l’Empereur abdiqua une seconde fois, renonçant définitivement au trône pour lui et sa famille. Dans la nuit du 12 au 13 avril, ayant tout perdu, il tenta de s’empoisonner dans sa chambre de Fontainebleau.

Contraint de quitter la « maison de siècles » pour l’île d’Elbe, il mit en scène, le 20 avril, ses célèbres Adieux à sa garde. Après une mémorable descente de l’escalier en Fer-à-cheval, l’Empereur fit un discours poignant à ses soldats dans une cour d’honneur qui entrerait dans l’Histoire comme « cour des adieux ».

Napoléon ne revit Fontainebleau qu’une seule fois, de retour de l’île d’Elbe, en marche pour les Cent-Jours : le 20 mars 1815, il s’y arrêta de 10h à 14h, et emporta son souvenir jusqu’à Sainte-Hélène, sous la forme d’une tabatière ornée d’une vue de « la vraie demeure des rois »…

Adieux de Napoléon Ier à la garde impériale dans la cour du cheval blanc du château de Fontainebleau
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Le château

Le château est ouvert tous les jours, sauf le mardi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.

D’octobre à mars : 9h30 à 17h00 (dernier accès à 16h15).

D’avril à septembre : 9h30 à 18h00 (dernier accès à 17h15).

 

Le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans, dans le château et les jardins, sous peine d'exclusion.

Il n'est pas nécessaire de réserver de créneau de visite pour le château, ni pour les jardins.

Le circuit de visite est entièrement accessible, à l'exception de la salle de Bal et du musée Chinois. La cour Ovale est exceptionnellement ouverte.

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